Le ministre raciste et homophobe Bezalel Smotrich annule sa visite à Paris

 Le ministre raciste et homophobe Bezalel Smotrich annule sa visite à Paris

Bezalel Smotrich (D), à la Knesset (Parlement israélien). Gil COHEN-MAGEN / AFP

Ce sont les médias israéliens qui l’ont annoncé ce mercredi 15 mars. Le ministre israélien raciste et homophobe Bezalel Smotrich a annulé son voyage en France. Il était attendu à Paris le 19 mars pour assister à l’hommage à Jacques Kupfer, ancien leader du Likoud en France. Officiellement, « pour freiner la poursuite du processus législatif et des négociations » en Israël.

Officieusement, il se pourrait que les pressions exercées par les associations de droit de l’homme en France et aussi par quelques élus aient incité Smotrich à faire marche arrière. Déjà plus tôt dans la journée, les responsables du Pavillon des Princes dans le 16e arrondissement de Paris où devait se tenir l’hommage à Jacques Kupfer avaient décidé d’annuler la location de la salle parce qu’ils considéraient que le « contrat n’avait pas été respecté ».

« Les responsables de cet événement nous avaient parlé d’un ministre, mais ils ne nous ont jamais dit que c’était Mr Smotrich. Si cela avait été le cas, jamais, nous n’aurions accepté. Au Pavillon des Princes, nous prônons d’autres valeurs », avait précisé au Courrier de l’Atlas l’une des responsables.

Depuis l’annonce de sa venue à Paris, de nombreuses associations s’étaient indignées, comme la Ligue des Droits de l’Homme. Dans un communiqué, la LDH rappelait que « Smotrich est fondamentalement opposé à un État palestinien et veut soumettre le système juridique israélien à la Torah. Devant ce déferlement de racisme fanatique et de négation des droits fondamentaux, la LDH exprime ici son indignation et la condamnation de tout ce que représente ce personnage ». 

Quelques élus, comme le député communiste Jean-Paul Lecoq avait également montré sa désapprobation. Dans une lettre adressée à Gérald Darmanin, le parlementaire demandait au ministre de l’Intérieur de lui « interdire la venue sur notre territoire », précisant que « Mr Smotrich est membre d’un parti d’extrême droite israélienne ouvertement raciste, prônant le nettoyage ethnique des Palestiniens sur les terres occupées par Israël et se définissant comme un fasciste homophobe ».

A 43 ans, Bezalel Smotrich a un sacré CV de raciste et d’homophobe. Il tient régulièrement depuis de nombreuses années des propos ignobles à l’encontre des Arabes, des Palestiniens, de la communauté LGBTQ et des Juifs dits « laïcs ». Il est un fervent défenseur de la colonisation et milite pour toute l’annexion de la Cisjordanie par Israël.

En juillet 2015, lors d’une réunion de la Knesset, le Parlement israélien, Bezalel Smotrich avait souhaité que les promoteurs en Israël ne vendent pas de maisons aux Arabes. L’année d’après, dans un tweet, il soutient la ségrégation des femmes arabes et juives dans les maternités des hôpitaux, en écrivant : « Il est naturel que ma femme ne veuille pas s’allonger à côté de quelqu’un qui vient d’accoucher d’un bébé qui pourrait vouloir l’assassiner dans 20 ans ».

En plus de son aversion pour les Arabes, il honnit les homosexuels, s’oppose aux mariages entre personnes de même sexe. Il y a quelques semaines, il a reconnu être un « fasciste homophobe ». En 2006, il a organisé un rassemblement homophobe en opposition au défilé de la marche des fiertés de Jérusalem, qu’il nomme alors « défilé de bêtes ».

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.