Paris/Saint-Jacques-de-Compostelle à pied et sans argent : le pari réussi de Marko Vesic

 Paris/Saint-Jacques-de-Compostelle à pied et sans argent : le pari réussi de Marko Vesic

Marco Vesic à son arrivée à Saint-Jacques-de-Compostelle. Photo : DR

Marko Vesic, jeune Francilien de 20 ans, a réussi son pari : rejoindre en partant de Paris, en moins de deux mois, à pied et sans argent Saint-Jacques-de-Compostelle en Espagne, soit un trajet de 1657 kilomètres.

C’est même avec 15 jours d’avance que le marcheur néophyte a atteint la célèbre ville de Galice, soit une moyenne de 37 kilomètres par jour.

Au début des années 1980, seuls 500 pèlerins par an, portés par des motivations religieuses, rejoignaient à pied, la fameuse ville de Galice. Désormais, ils sont quelque 350 000 chaque année à s’aventurer sur le chemin mythique de Saint-Jacques-de-Compostelle.

« Je suis tellement heureux d’avoir été au bout de cette aventure. Pour cette dernière journée, je me suis goinfré de Bocadillos (NDLR : sandwich espagnol) », a lâché tout sourire cet étudiant en géographie à la Sorbonne à son arrivée, ce dimanche 23 juillet, à Compostelle.

Comme nous vous le racontions dans ces colonnes, l’aventurier au caractère bien trempé était parti, déterminé, mardi 6 juin, de la Tour Saint-Jacques à Paris. Il nous expliquait alors qu’il avait voulu « depuis toujours sortir de sa zone de confort » et qu’il s’agissait ici du premier « gros voyage de sa vie ».

C’est une vidéo postée sur YouTube par un jeune homme de 18 ans qui avait définitivement convaincu Marko Vesic de tenter ce pari fou, lui qui pensait ne pas en être capable.

« C’est un projet qui était très ambitieux. Au début, j’ai eu beaucoup de doutes sur ma capacité à réussir ce pari. Les premières nuits étaient difficiles, surtout sans boules Quies où j’étais constamment réveillé par les bruits extérieurs. Ce n’était également pas évident de faire ses besoins dans la nature, de ne pas pouvoir se doucher après une longue journée de marche, nous a avoué Marko Vesic. Malgré tout, j’ai su très vite que j’allais pouvoir aller au bout de l’aventure. J’ai juste cru en moi et je n’ai pas lâché le morceau », a ajouté tout fier le jeune homme, remerciant au passage toutes les personnes qui l’ont aidé sur la route, comme celles qui l’ont hébergé ou nourri.

Parti sans argent de Paris, il est arrivé à Compostelle avec dix euros en poche, de l’argent qui lui a été donné en chemin. « Comme j’ai quelques jours devant moi, et comme la frontière avec le Portugal est seulement à une centaine de kilomètres, je crois bien que je vais prolonger un peu l’aventure. Depuis quelques jours, je rêve de manger un Pastéis de nata (NDLR : petits flans portugais) », se languit le jeune homme.

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.