Australie. Les électeurs disent « non » au référendum sur les droits des Aborigènes

 Australie. Les électeurs disent « non » au référendum sur les droits des Aborigènes

Les Aborigènes ont exprimé leur amertume après le rejet d’une réforme constitutionnelle visant à accorder plus de droits aux populations autochtones par la majorité blanche du pays. JAMES ELSBY / GETTY IMAGES ASIAPAC / Getty Images via AFP

Les Aborigènes d’Australie ont exprimé leur colère et leur amertume dimanche, après le rejet par la majorité blanche du pays d’une réforme qui proposait de reconnaître les populations autochtones dans la Constitution et de leur donner plus de droits.

 

Des chefs aborigènes ont appelé à « une semaine de silence » pour faire le deuil de l’échec du référendum, alors que le Premier ministre Antony Albanese a appelé la nation divisée à s’apaiser « dans un esprit d’unité ».

 

61 % des Australiens ont voté « non » à la question de savoir si la Constitution de 1901 devait être modifiée pour reconnaître les premiers habitants du pays. Le projet prévoyait aussi de créer un conseil consultatif – surnommé « La Voix » – auprès du Parlement et du gouvernement pour émettre des avis sur les lois et les politiques publiques qui affectent les populations autochtones. Aborigènes et insulaires du détroit de Torres représentent 984 000 personnes, soit 3,8 % de la population australienne.

 

Les Aborigènes ont dû se battre et attendre longtemps pour obtenir le droit de vote – 1962 au niveau fédéral -, le droit de posséder leurs terres traditionnelles, et de pouvoir être élus au Parlement. Dans ce contexte, Dean Parkin, militant autochtone pour le « oui », considère que le résultat est peu surprenant et représente un nouveau « chapitre de l’histoire de notre lutte ». Les partisans du « oui » considéraient le référendum comme un moyen d’unir le pays et de panser les plaies des injustices historiques infligées aux peuples autochtones lors de la colonisation du pays. Au lieu de cela, la campagne électorale a mis en lumière les profondes divisions qui traversent encore la société australienne plus de deux siècles après la colonisation britannique.

 

Les Aborigènes d’Australie, dont les ancêtres se sont installés sur l’île-continent il y a environ 60 000 ans, sont aujourd’hui reconnus comme l’une des plus anciennes cultures au monde. Mais 235 ans après l’arrivée des premiers colons britanniques, ils ont une espérance de vie inférieure de huit ans à celle des autres Australiens, sont en moyenne plus pauvres, plus souvent incarcérés et ont un accès moindre à l’éducation.

 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.