Le podcast « Visa Palestinien » censuré sur les réseaux sociaux

 Le podcast « Visa Palestinien » censuré sur les réseaux sociaux

À droite Marie Géniès Au fond Yazid Said A gauche Pierre Stambul président de l’Union juive française pour la Paix (UJFP) / crédit photo : DR

A peine créé, à peine censuré ! Marie Géniès ne s’attendait pas à ce que son podcast sur la Palestine soit censuré aussi vite sur les réseaux sociaux. Une semaine après le lancement de « Visa palestinien »,  elle découvre, stupéfaite, que la page Facebook du podcast est supprimée car elle serait « contraire aux standards » de l’application.

Sur Instagram, c’est pire : le contenu de »Visa Palestinien » comporterait des éléments susceptibles d’inciter au « soutien du terrorisme ». Même tarif sur Twitter, où le compte a également disparu. « Pendant trois jours, je n’ai pas pu aussi utiliser mes comptes personnels« , peste la trentenaire. Son ordinateur ainsi que celui de son associé Yazid Said ont également été hackés. Voilà pour la censure.

« Avec Yazid, on travaille depuis plusieurs mois sur ce podcast et on ne comprend pas sur quels éléments les responsables de ces applications se basent pour nous censurer de la sorte« , s’indigne Marie Géniès. Pour elle, c’est simple : les plateformes veulent  invisibiliser leur combat. « Pourtant nous ne sommes qu’à nos débuts et nous touchons encore peu de monde« , s’étonne encore Marie Géniès.

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3 podcasts en ligne

La censure dont est victime le podcast « Visa Palestinien » étonne. Comme nous avons pu le constater, le contenu n’a rien d’extrême. Ici, aucun propos ne soutient le terrorisme. « Visa Palestinien » se positionne comme l’explique Marie Génies, comme un « contrepoids aux médias mainstream et aux réseaux sociaux, en donnant la parole à des experts qui interviennent peu ou pas sur les chaines de grande écoute« .

« En fournissant des données scientifiques et des analyses approfondies, nous visons à conscientiser notre auditoire et fournir un contenu qui démystifie la complexité de la question palestinienne, en la rendant accessible à tous, tout en restant vérifiable et référencée« , vante fièrement Marie Génies.

En ligne déjà trois podcasts.  Le premier donne la parole à Alain Gresh, journaliste, spécialiste du proche orient, créateur du média Orient XXI et ancien directeur du Monde Diplomatique. Dans cet épisode, ce dernier revient en détail sur le processus de la création d’Israël. L’avocat franco-palestinien Salah Hamouri, emprisonné une dizaine d’années dans les prisons israéliennes, nous informe dans le second, sur la situation des prisonniers politiques palestiniens. Dans le troisième volet, c’est l’histoire d’Ardi. Son lieu basé à Paris, près de la porte de la Chapelle est plus qu’un restaurant. Il œuvre à faire rayonner la culture palestinienne à travers la gastronomie. Le quatrième podcast raconte le combat de Pierre Stambul, juif anticolonialiste et président de l’Union juive française pour la Paix.

Depuis quelques jours, la page Instagram de « Visa Palestinien » est de nouveau active. « Mais pour combien de temps ? », s’inquiète Marie Génies. « Que se passera-t-il quand nous allons publier le quatrième épisode ? Vont-ils de nouveau supprimer la page ?« , s’interroge la jeune femme. En attendant, Marie Géniès invite les auditeurs à se rendre sur https://visapalestinien.org/ où le site fonctionne normalement…

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.