Des maires RN nouvellement élus retirent les drapeaux européens

Christophe Barthès, maire RN de Carcassonne, le 29 mars 2026. © Valentine CHAPUIS / AFP
Plusieurs élus aux dernières élections municipales ont retiré ces drapeaux des façades de leurs mairies. Un geste taxé de « populisme » par le gouvernement.
« Dehors les drapeaux européens à la mairie ! Place aux drapeaux français », a écrit sur X le maire de Carcassonne, Christophe Barthès, peu après son installation. Il a accompagné son message d’une vidéo où on le voit décrocher lui-même le drapeau européen, laissant les drapeaux tricolore et occitan.
Bryan Masson, nouveau maire de Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes), a publié une photo de la façade de l’hôtel de ville, elle aussi dépourvue de drapeau européen. Le maire RN de Harnes (Pas-de-Calais), Anthony Garénaux-Glinkowski, avait, lui, pris l’initiative, dès son installation le 24 mars, de retirer les drapeaux européen et ukrainien.
« Vont-ils aussi refuser les fonds européens que touchent nos agriculteurs, nos entreprises pour la réindustrialisation, nos territoires ? Vont-ils rendre leurs indemnités du Parlement européen ? », s’est interrogé le ministre chargé de l’Europe, Benjamin Haddad. « C’est du populisme qui montre que le RN n’a pas changé. »
Proposition de loi pas encore examinée
Aucun texte de loi n’oblige la présence du symbole européen sur les façades des mairies, à l’exception du 9 mai, journée de l’Europe. La Constitution ne reconnaît que le drapeau tricolore.
Des cadres RN ont mis en avant un autre argument pour justifier les retraits : « Les Français ont refusé par référendum en 2005 le drapeau européen, il est donc illégitime en France », a écrit sur X le député Jean-Philippe Tanguy.
Une proposition de loi visant à rendre obligatoire l’accrochage des drapeaux français et européen au fronton des mairies de communes de plus de 1 500 habitants a été adoptée par l’Assemblée nationale en 2023. Transmise au Sénat, elle n’a pas encore été examinée par la chambre haute du Parlement.
En janvier, plusieurs mairies, principalement rurales, avaient également décroché le drapeau européen en soutien aux agriculteurs dénonçant le traité de libre-échange entre l’UE et les pays du Mercosur.

