Au Mucem de Marseille, «Orient Sonore» ressuscite les musiques traditionnelles arabes

 Au Mucem de Marseille, «Orient Sonore» ressuscite les musiques traditionnelles arabes

Exposition « Orient Sonore » au Mucem de Marseille jusqu’au 4 janvier 2021. Crédit photo : Nadir Dendoune.

Jusqu’au 4 janvier 2021, le Mucem de Marseille accueille l’exposition  « Orient Sonore ». Elle revient en profondeur sur les traditions musicales arabes à partir du début du XXe siècle, et ce à travers 9000 disques et 6000 heures de bandes magnétiques mis à disposition par la Fondation libanaise Amar. 

 

Mise en place par les co-commissaires Kamal Kassar -créateur de la Fondation Amar- et Fadi Yeni Turk, réalisateur et directeur de la photographie, « Orient Sonore » fait renaître ce patrimoine, hérité d’une tradition millénaire.

Si l’Orient fascinait déjà le XIXe siècle européen, une partie de sa culture est aujourd’hui presque passée dans l’oubli : celle des musiques traditionnelles.

Du Maghreb au Qatar en passant par l’Égypte, le Koweït, l’Arabie Saoudite, le Yémen et l’Irak, le visiteur est invité à déambuler dans la salle pour découvrir des musiques rares et l’histoire qui les accompagne.

Kamal Kassar, le président d’Amar, également commissaire général de l’exposition, explique « vouloir préserver un patrimoine sonore en péril, soit pour des raisons politiques, soit parce que la société a évolué« . « Avec les crises politiques, économiques, et une volonté d’occidentalisation culturelle dans les années 1930, ces chanteurs de légende ont sombré dans l’oubli », regrette ce dernier.

Soixante « disques 78 tours » replongent ainsi à l’époque de la « Nahda », « renaissance culturelle » dans le monde arabe située entre 1850 et 1930. Ils témoignent de l’effervescence de la scène artistique de l’époque, avec de grands musiciens puisant dans la tradition orale.

Soixante-dix ans plus tard, la numérisation de leurs chansons par la Fondation Amar pour l’archivage et la recherche de la musique arabe permet d’en présenter un fragment, tiré d’une collection de plus de 9.000 disques récoltés dans tout le Moyen-Orient. Pour le plus grand bonheur de tous.

Exposition L’Orient sonore : musiques oubliées, musiques vivantes jusqu’au 4 janvier 2021 au Mucem. Billets entre 7,5 € et 11 €. Rens. : www.mucem.org, et 04.84.35.13.13

 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.