Enquête sur le racisme au sein de la Garde républicaine

Entrée du Quartier des Célestins, siège de la Garde républicaine à Paris, où un gendarme a déposé plainte pour racisme et harcèlement interne. © Kenzo TRIBOUILLARD / AFP
Un gendarme a porté plainte pour harcèlement moral et diffamation non publique. Une enquête a été ouverte.
La plainte a été déposée le 17 décembre 2025, le lendemain de la découverte d’un courrier dans la boîte aux lettres du gendarme. « On est en France ici, habille-toi comme tel, sale bougnoule », pouvait-on lire dans cette lettre, faisant référence à une tenue traditionnelle algérienne qu’il avait portée pour un mariage, en dehors de ses heures de service.
Le gendarme, âgé de 29 ans, a été entendu en janvier dernier. Il a saisi la justice pour dénoncer « six années de racisme ».
Se faire très petit
Aux enquêteurs, l’auteur de la plainte a raconté son « premier rendez-vous » avec son commandant. « Je n’ai pas su si je venais de vivre un sketch ou si vraiment j’allais subir ça dans les prochaines années de ma carrière », explique-t-il.
Le commandant lui aurait lancé, d’après ses souvenirs : « J’ai pas envie de te voir en djellaba dans la caserne » ; « Tu me tombes pas dans les bras pendant le ramadan ». Il lui aurait ensuite livré un conseil « amical » : « Je vais te demander de te faire très petit et de t’acclimater ».
Après une interpellation, il raconte que ses collègues lui ont demandé s’ils le connaissaient « parce qu’il parlait arabe ».
Observatoire pour l’Égalité et contre les Discriminations
La gendarmerie nationale indique avoir mis en place un plan d’action « tolérance zéro » en interne face aux comportements discriminatoires. Elle a développé un réseau de prévention et d’accompagnement, avec des référents égalité-diversité, ainsi que des plateformes et dispositifs de signalement.
Elle a également installé l’Observatoire de la Gendarmerie pour l’Égalité et contre les Discriminations, qui couvre l’égalité professionnelle, la diversité et la lutte contre le harcèlement, les discriminations et les violences, tant dans le domaine interne que dans le cadre de ses missions de sécurité au contact de la population.
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