FIDADOC 2026 : l’Afrique en images et en récits

 FIDADOC 2026 : l’Afrique en images et en récits

Youssef Chahine sur le tournage d’Adieu Bonaparte, film franco-égyptien tourné en Égypte et sorti en salles en 1985

La 17e édition du Festival international du film documentaire d’Agadir (FIDADOC) s’est achevée le 24 juin après six jours de projections, de débats et de rencontres professionnelles. En attendant la publication du palmarès, le rendez-vous marocain confirme son rôle de plateforme incontournable du documentaire de création en Afrique et dans le monde arabe.

Vingt-huit films, seize pays représentés, neuf longs métrages en compétition internationale et près d’une centaine de jeunes cinéastes réunis dans le cadre de la Ruche documentaire. Les chiffres de cette 17e édition du FIDADOC témoignent à eux seuls de l’ampleur prise par un festival qui, depuis sa création en 2009, s’est imposé comme le principal rendez-vous marocain consacré au cinéma documentaire.

Pendant six jours, le Cinéma Sahara d’Agadir a accueilli réalisateurs, producteurs, étudiants et cinéphiles venus découvrir une sélection marquée par la diversité des regards et des territoires. Du Maroc à la Palestine,en passant par l’Europe et l’Afrique subsaharienne, les films programmés ont exploré les questions de mémoire, d’identité, de transmission et de justice sociale qui traversent les sociétés contemporaines.

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L’héritage de Youssef Chahine au cœur de cette édition

Parmi les temps forts de cette édition figurait la projection de Du Soleil et du plomb de Jérôme Le Maire, tourné dans la région de Midelt, au cœur des montagnes de l’Atlas marocain, ainsi que celle de Qui vit encore de Nicolas Wadimoff, consacré à la parole des survivants des bombardements sur Gaza. Le festival a également accueilli Fatna, une femme nommée Rachid d’Hélène Harder, présenté en présence de sa réalisatrice et de sa protagoniste.

Cette année, le FIDADOC a choisi de rendre hommage au cinéaste égyptien Youssef Chahine à l’occasion du centenaire de sa naissance. Une décision loin d’être anodine tant l’œuvre du réalisateur du Destin continue d’influencer plusieurs générations de cinéastes arabes et africains.

Cet hommage s’inscrivait dans une édition placée sous le signe des échanges méditerranéens. Le festival a ainsi multiplié les passerelles entre les deux rives de la Méditerranée, notamment à travers le programme « Nulle œuvre n’est une île », développé avec des partenaires culturels français. Une orientation qui confirme la vocation du FIDADOC : faire dialoguer les expériences, les mémoires et les imaginaires au-delà des frontières.

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Les jeunes talents s’expriment

Mais la singularité du FIDADOC ne réside pas seulement dans sa programmation. Depuis plusieurs années, le festival mise également sur la formation et l’accompagnement des jeunes auteurs à travers la Ruche documentaire, dont la 14e édition s’est tenue cette année.

Près d’une centaine d’étudiants, de jeunes réalisateurs et de porteurs de projets ont participé aux ateliers, résidences d’écriture, master-classes et rencontres professionnelles organisés en marge des projections. Signe de la maturité du dispositif, quatre longs métrages présentés dans la programmation 2026 sont issus de cette pépinière de talents.

À l’heure où les industries culturelles africaines cherchent à renforcer leurs réseaux de création et de diffusion, le festival d’Agadir apparaît plus que jamais comme un lieu de repérage, de formation et de circulation des œuvres. Bien au-delà d’une simple manifestation cinématographique, le FIDADOC est devenu un espace où se construit une partie de l’avenir du documentaire africain et arabe.

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Hella Habib

Journaliste culturelle et politique, a dirigé le magazine Maison & Jasmin, consacré à l’architecture et à l’art, avant d’occuper des fonctions de rédaction en chef au sein du quotidien La Presse de Tunisie. Journaliste au Courrier de l’Atlas.