Migrants en Libye : l’UE critiquée par Amnesty International

À Tripoli, des manifestants se rassemblent devant l’OIM pour demander des mesures concernant les migrants et réfugiés en Libye, dans un contexte de tensions croissantes autour de la politique migratoire du pays. © Mahmud Turkia / AFP
Amnesty International dénonce la multiplication des discours xénophobes, des expulsions et des violations des droits humains visant les réfugiés et demandeurs d’asile, notamment les migrants en Libye. L’ONG s’inquiète également du renforcement de la coopération entre l’Union européenne et la Libye malgré ces dérives.
En bref
- Amnesty International dénonce une hausse des discours xénophobes visant les migrants en Libye.
- Les arrestations de masse, détentions arbitraires et expulsions collectives se multiplient.
- Les autorités de l’ouest et de l’est du pays affichent une même volonté d’expulser les migrants.
- L’ONG critique le projet de renforcement de la coopération entre l’Union européenne et la Libye.
- Amnesty estime que cette politique risque de contribuer à des violations systématiques des droits humains.
Amnesty critique la coopération entre l’UE et la Libye
En Libye, les discours xénophobes se multiplient à l’encontre des réfugiés et des migrants. Amnesty international s’inquiète que l’Union européenne cherche à renforcer sa coopération avec les autorités locales sur la question migratoire.
Dans une Libye complètement éclatée politiquement, le seul point de convergence entre le gouvernement d’unité nationale (GUN) basé à Tripoli et le « gouvernement libyen », son rival dans l’est du pays, allié au groupe armé nommé Forces armées arabes libyennes (FAAL), est la volonté d’expulser les migrants hors du pays. Dans un communiqué publié le 23 juin, Amnesty international rapportait la multiplication de déclarations xénophobes et racistes de responsables politiques libyens. Malgré ces discours, l’ONG regrettait que l’UE veuille continuer et renforcer sa coopération entre l’Union européenne et la Libye.
« Étendre cette coopération aux groupes armés basés dans l’est du pays connus pour commettre des crimes de guerre (…) reflète un mépris choquant non seulement pour le droit international mais également pour la vie et la dignité humaines », dénonçait Diana Elahawy, directrice adjointe pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient à Amnesty International.
La répression des migrants s’intensifie en Libye
Ces derniers mois, conduite par la Direction de la lutte contre la migration illégale (DCIM), la répression envers les personnes réfugiées et migrantes s’est intensifiée.
Arrestations de masse, détentions arbitraires ou encore expulsions collectives illégales se multiplient.
Selon Amnesty international, le 3 juin, « un représentant de la DCIM a déclaré que quiconque entrait sur le territoire sans papiers était un “migrant illégal” qui serait “simplement expulsé” et que la DCIM “ne reconnaît absolument pas les cartes de réfugiés” ».
Emad al Trabelsi, ministre de l’Intérieur du gouvernement d’unité nationale, confirmait cette politique en affirmant, le 8 juin, que les autorités mettaient en œuvre un programme national d’expulsions.
Discours xénophobes et discriminations contre les Africains subsahariens
Par ailleurs, Amnesty international rappelait que, le 2 avril, la branche Est de la DCIM avait averti des représentants de l’UE que la Libye n’était pas une « terre de réinstallation pour les Africains ».
Sachant que le terme « Africains » désignait les personnes migrantes noires originaires d’Afrique subsaharienne.
L’ONG pointait également qu’au début du mois de juin, « la Chambre des représentants a souligné la nécessité de protéger l’“identité démographique et culturelle” de la Libye ». Elle s’appuyait pour cela sur une loi adoptée en 2023 imposant « l’emprisonnement et l’expulsion de toute personne cherchant à se “réinstaller” en Libye, que ce soit par des moyens légaux ou illégaux ».
Amnesty international accuse l’UE d’être « complice d’atteintes aux droits systémiques » et invite les États membres à reconsidérer leur position.
Vos questions sur les migrants en Libye
Pourquoi Amnesty International critique-t-elle l’Union européenne ?
>>>>>>>>>L’ONG estime que le renforcement de la coopération entre l’Union européenne et la Libye pourrait contribuer à des atteintes aux droits des migrants et des réfugiés.
Que reproche Amnesty aux autorités libyennes ?
L’organisation dénonce notamment les arrestations de masse, les détentions arbitraires, les expulsions collectives et les discours xénophobes visant les migrants.
Qui est visé par ces mesures ?
Les migrants, les réfugiés et les demandeurs d’asile présents sur le territoire libyen, en particulier les personnes originaires d’Afrique subsaharienne.
Quel est le rôle de la DCIM ?
>>>>>En Libye, la Direction de la lutte contre la migration illégale (DCIM) pilote la politique de contrôle et d’expulsion des migrants.
