De Hammamet à Bizerte, la musique marocaine fait vibrer la Tunisie

Najat Aâtabou et Amine Boudchart, deux voix marocaines sur les scènes tunisiennes
Najat Aâtabou et Amine Boudchart ont marqué deux grands rendez-vous de l’été tunisien. À Hammamet, Aâtabou, la voix du chaâbi marocain a retrouvé un public fidèle. À Bizerte, Boudchart a transformé la salle en une immense chorale. Deux concerts, deux générations et une même musique qui traverse les frontières.
Najat Aâtabou, les retrouvailles de Hammamet
Le 8 août, le théâtre de plein air de Hammamet a résonné au rythme du Maroc. Après une longue absence des scènes tunisiennes, Najat Aâtabou a retrouvé un public qui connaît ses chansons.
Depuis plus de quatre décennies, Najat Aâtabou occupe une place à part dans la musique populaire marocaine. Son répertoire a accompagné plusieurs générations. En Tunisie aussi, ses chansons ont traversé les années.
La soirée avait donc des airs de retrouvailles. Le public ne s’est pas contenté d’écouter. Il a chanté, dansé et répondu aux sollicitations de l’artiste.
Une voix et un répertoire sans frontières
Le succès de Najat Aâtabou tient aussi à l’identité de sa musique. Son répertoire puise dans le chaâbi marocain et les traditions populaires. Il intègre également des influences amazighes et des sonorités plus contemporaines.
Cette musique n’est pourtant pas restée enfermée dans ses frontières d’origine. Elle a circulé au Maghreb. Elle s’est installée dans les mémoires.
À Hammamet, cette proximité était évidente. Beaucoup de spectateurs connaissaient les chansons. Certains les retrouvaient après plusieurs années.
La soirée a ainsi dépassé le simple concert. Elle a fait resurgir une mémoire musicale partagée entre les deux pays.
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À Bizerte, Boudchart fait chanter la salle
Le lendemain, 9 août, autre ambiance à Bizerte. Avec Amine Boudchart, le public n’est plus seulement spectateur. Il devient choriste.
Le compositeur, arrangeur et chef d’orchestre franco-marocain a construit son concept autour d’une idée simple : « La chorale, c’est vous ».
Sur scène, les musiciens assurent les arrangements. Dans la salle, le public chante. Les morceaux sont connus. Les paroles aussi. Très vite, la séparation entre la scène et les gradins disparaît.
À Bizerte, cette formule a une nouvelle fois produit son effet. Des milliers de voix ont accompagné l’orchestre. Le concert est devenu une expérience collective.
La Tunisie, terre de circulation culturelle
Le choix de Hammamet et de Bizerte n’est pas anodin. Les deux festivals comptent parmi les grands rendez-vous culturels de l’été tunisien.
La présence de deux artistes marocains aussi différents montre aussi la place prise par la musique marocaine dans la programmation tunisienne.
Cette présence ne se limite pas à ces deux soirées. D’autres artistes marocains et plusieurs projets réunissant créateurs marocains et tunisiens ont également investi les scènes tunisiennes cet été.
Les échanges se multiplient. Les artistes circulent. Les publics suivent. Et les répertoires voyagent avec eux.
Des refrains qui rapprochent les deux pays
À Hammamet, le public tunisien a repris les chansons de Najat Aâtabou. À Bizerte, il a chanté avec Boudchart.
Ces deux soirées racontent ainsi quelque chose de plus large que le succès de deux concerts. Elles montrent la capacité de la musique à faire circuler une culture au-delà des frontières.
De Hammamet à Bizerte, le Maroc a donc trouvé en Tunisie un public qui connaît ses chansons, partage ses émotions et répond à ses artistes. Une proximité culturelle qui, le temps de deux soirées, s’est exprimée en musique.
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