De Casablanca à Rabat, une nouvelle génération s’empare de la danse

 De Casablanca à Rabat, une nouvelle génération s’empare de la danse

La dabke palestinienne, entre mémoire collective et création contemporaine. Cette danse traditionnelle est inscrite depuis 2023 au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco© Al-Funoun Center, State of Palestine, 2022

Du 7 au 14 octobre, les Rencontres chorégraphiques de Casablanca reviennent pour une 12e édition qui s’étend jusqu’à Rabat. Une vingtaine de spectacles venus de 15 pays investiront six lieux dans les deux villes, avec une place centrale accordée aux scènes africaines et arabes.

En bref

  • 20 spectacles présentés en huit jours.
  • 15 pays représentés, d’Afrique, du monde arabe et d’Europe.
  • Casablanca, du 7 au 11 octobre, puis Rabat, du 12 au 14 octobre.
  • Six masterclasses, trois films documentaires et deux rencontres professionnelles complètent la programmation.
  • La manifestation est portée par Col’Jam, fondée par les chorégraphes Ahlam El Morsli et Wajdi Gagui.

Un festival qui pousse les murs

Depuis leur création en 2015, les Rencontres cherchent à faire circuler les écritures contemporaines. Une ambition portée par Col’Jam, structure fondée par les chorégraphes Ahlam El Morsli et Wajdi Gagui, qui développe des projets autour de la création, de la transmission et de la formation chorégraphiques.

Cette volonté d’ouverture se retrouve dans la programmation de cette 12e édition, qui réunit des artistes de plus de 15 pays. La France, l’Espagne, l’Italie et la Suisse côtoient le Maroc, la Tunisie, le Mali, la Côte d’Ivoire, le Liban, la Syrie ou encore Chypre.

Entre mouvement, image et immersion, 6D explore un espace où le corps dialogue avec le numérique. Conception & chorégraphie : Wajdi Gagui. Assistante chorégraphe : Ahlam El Morsli.

L’Afrique et le monde arabe au centre

L’un des fils rouges de cette édition est la circulation entre les scènes du Sud. Le festival entend favoriser des échanges qui ne passent pas systématiquement par les circuits européens. Une logique déjà engagée avec le lancement, en 2025, de l’Arab Dance Platform.

Cette année, les propositions venues d’Afrique et du monde arabe occupent une place importante.

La Tunisie sera représentée par Al Badil avec Labes. Le Mali sera présent avec Samuel Coulibaly et Fila, ainsi qu’avec le projet Face à Face, porté par le Labo Fari Foni Waati.

Des corps qui racontent autrement

La diversité géographique se double d’une diversité d’écritures. Le public découvrira notamment El Hijo, du chorégraphe espagnol Daniel Abreu. Le solo explore la relation entre le corps, la mémoire et la filiation.

La chorégraphe chypriote Evie Demetriou présentera Never Just I. Hoor Malas, artiste syrienne installée au Canada, viendra avec If My Body Had a Name.

Le Maroc n’est pas en reste. Mehdi Dahkan présentera Link, People. Mohamed Bouriri proposera On Her Back. À Rabat, la compagnie Wajdins présentera Trace.

>> Lire aussi : Le Festival « On Marche » fait dialoguer danse contemporaine et spiritualité pendant le Ramadan

Transmettre, pas seulement montrer

Quatre artistes — Evie Demetriou, Salia Sanou, Daniel Abreu et la compagnie Port-Avions — animeront des masterclasses et des ateliers.

Trois films documentaires seront également projetés. Ils permettront notamment de découvrir des parcours liés à la danse palestinienne et à la chorégraphe Germaine Acogny.

Deux rencontres professionnelles porteront enfin sur des questions très concrètes : la mobilité des artistes, la production et la diffusion des spectacles.

La programmation accueille également Bal Maquis, du CCN de Nantes, un projet qui s’intéresse à l’accessibilité de la danse et à la rencontre avec des publics différents.

De Casablanca à Rabat, un réseau se dessine

Avec cette nouvelle étape à Rabat, les Rencontres chorégraphiques prennent une nouvelle dimension. Elles restent ancrées à Casablanca, mais commencent à fonctionner comme un réseau, entre villes marocaines, scènes africaines et monde arabe.

La danse y devient alors plus qu’une succession de spectacles. Elle fait circuler les artistes, les pratiques et les regards. Du 7 au 14 octobre, les corps voyageront donc beaucoup. De Casablanca à Rabat, mais aussi d’un continent à l’autre.

>> Lire aussi : Dance World Cup : le Maroc décroche sa première médaille d’or

 

Badil, compagnie tunisienne invitée aux Rencontres. La troupe défend une écriture contemporaine nourrie par les réalités et les questionnements de la scène tunisienne.
Avatar photo

Hella Habib

Journaliste culturelle et politique, a dirigé le magazine Maison & Jasmin, consacré à l’architecture et à l’art, avant d’occuper des fonctions de rédaction en chef au sein du quotidien La Presse de Tunisie. Journaliste au Courrier de l’Atlas.