Budget 2027 : les associations inquiètes, feux au « vert » pour les industries pétrolières

 Budget 2027 : les associations inquiètes, feux au « vert » pour les industries pétrolières

Des militants d’ONG, dont 350.org, manifestent à Paris le 29 octobre 2026 pour réclamer une taxation des superprofits des industries fossiles. Un masque à l’effigie de Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, est brandi lors du rassemblement. © SIMON WOHLFAHRT / AFP

Greenpeace alerte sur les discussions autour du projet de loi de finances (PLF). Alors que les associations ont quelques sujets d’inquiétude, les industries pétrolières peuvent être tranquilles.

En bref

  • Greenpeace dénonce des amendements visant les avantages fiscaux accordés aux dons aux associations.
  • Les amendements concernant les associations ont été repoussés par les groupes de gauche.
  • TotalEnergies a annoncé 8,3 milliards de dollars de bénéfice net au troisième trimestre 2026.
  • Des partis de gauche ont proposé de taxer les superprofits de l’industrie fossile.
  • Greenpeace dénonce l’abandon de la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises.

« Les députés Rassemblement National et Les Républicains ont pour objectif de faire taire les associations qui font vivre la solidarité, qui se battent contre des intérêts privés destructeurs, ou qui veulent contribuer au débat démocratique et politique », déclarait, mercredi 4 novembre, Sarah Fayolle, chargée de campagne Politique Transversale chez Greenpeace France.

Au moment de l’examen du PLF 2027, l’ONG pointe la volonté des partis de droite et d’extrême droite de couper les vivres aux « associations qui les dérangent ». Greenpeace dénonçait notamment la tentative de poser plusieurs amendements qui remettraient en cause « les avantages fiscaux pour les personnes qui font des dons à des associations (…) qui ont recours à la désobéissance civile ou mènent un travail d’enquête, ou (…) d’aide aux personnes migrantes ».

Amendements repoussés par les groupes de gauche, tandis que les députés Horizons ont voté en faveur de ces « amendements bâillons ».

Superprofits

En ce troisième trimestre 2026, le groupe TotalEnergies a annoncé un bénéfice net record de 8,3 milliards de dollars. Plusieurs partis de gauche ont déposé des amendements visant à taxer les superprofits de l’industrie fossile dans le budget 2027. Le bloc central et l’extrême droite ont rejeté ces amendements.

La semaine dernière, le gouvernement publiait un arrêté pour obliger les distributeurs de carburant à indiquer « clairement » le montant de la baisse du prix du gazole suite au déstockage de l’État. Depuis plusieurs mois, TotalEnergies plafonne les prix du litre de diesel à 2,25 euros, dans ses stations-services.

Cependant, Patrick Pouyanné, patron du groupe, indique que ça représente un coût pour son entreprise et avertit : « Si le gouvernement décide de taxer les raffineries, il devra appliquer lui-même la politique de plafonnement, pas TotalEnergies ».

Pas de surtaxation

Dans un communiqué (4 novembre), Greenpeace déplorait la suppression de la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises pendant les débats parlementaires, suite à l’opposition de l’ensemble des députés Rassemblement National et UDR, la majorité des députés du parti présidentiel et des députés du Modem, Républicains et Horizons.

Pour Lorelei Limousin, chargée de campagne Climat et Énergies fossiles chez Greenpeace France, ce vote « témoigne de l’incapacité des partis à droite de l’échiquier politique à prioriser les conditions de vie de la grande majorité de la population et à mettre à contribution les grosses entreprises privées polluantes qui profitent de la crise ».

Avec des prix du carburant records en Europe, depuis le début de la guerre en Iran, l’industrie pétrolière a enregistré 36 milliards d’euros de superprofits.

 

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Charly Célinain

Charly Celinain est journaliste pour la rédaction web du Courrier de l’Atlas. Il participe à la production d’articles et réalise des vidéos d’actualité et de décryptage pour le site et les réseaux sociaux du média.