Le Maroc ouvre la partition du Maghreb Orchestra of Brussels

 Le Maroc ouvre la partition du Maghreb Orchestra of Brussels

Sanaa Marahati sera au cœur du concert inaugural du Maghreb Orchestra of Brussels

Le 7 octobre à Flagey, à Bruxelles, le Maghreb Orchestra of Brussels donnera son concert inaugural autour du patrimoine musical marocain. Ce nouvel ensemble fait dialoguer les traditions musicales du Maghreb avec l’écriture symphonique et entend s’ouvrir à d’autres répertoires.

Un orchestre, une nouvelle écriture

Ce 7 octobre, Flagey accueillera davantage qu’un concert consacré à la musique marocaine. Le Maghreb Orchestra of Brussels fera ses premiers pas publics avec une ambition précise : transposer les traditions musicales du Maghreb dans une véritable écriture symphonique.

L’enjeu ne consiste pas simplement à faire accompagner une mélodie traditionnelle par un orchestre classique. Le principe est de transformer cette ligne mélodique en matière orchestrale, en faisant dialoguer plusieurs instruments et plusieurs lignes musicales.

            >> Lire aussi : À Montpellier, Arabesques met le Maroc au cœur de sa 21e édition

Sanaa Marahati, première voix

Pour ce premier chapitre, le choix s’est porté sur Sanaa Marahati, l’une des voix reconnues du Melhoun et du Gharnati marocains.

Née à Sefrou en 1984, la chanteuse porte ces répertoires sur les scènes marocaines et internationales. Elle a déjà travaillé sur leur rencontre avec l’écriture orchestrale, notamment à travers Symphonyat, projet consacré à la réinterprétation symphonique du patrimoine musical marocain. À Bruxelles, elle donnera donc le « la » à cette nouvelle aventure.

Le jeune virtuose bruxellois du qanûn Mohamed-Amine El Korchi participera au premier concert du Maghreb Orchestra of Brussels

Des parcours se croisent

Parmi les instrumentistes réunis pour cette première figure Mohamed-Amine El Korchi.

Né à Bruxelles, ce jeune virtuose de 22 ans a commencé le qanûn dès l’enfance à l’Académie de Molenbeek, avant de poursuivre son apprentissage auprès du maître irakien Souhad Najem. Il enseigne aujourd’hui à Muziekpublique.

En 2023, Mohamed-Amine El Korchi a reçu un prix d’honneur aux conservatoires de Fès et de Rabat, avec les félicitations du jury.

Autour de lui, les parcours se croisent. Karim Ziad, batteur et percussionniste algérien installé en France, apporte son expérience du chaâbi, du jazz et des musiques du monde. Ahmed El Maai, formé à Tanger puis à Bruxelles, maîtrise l’oud, le qanûn et le violon et travaille autour des traditions arabo-andalouses.

Le joueur de ney Tammam Ramadan, diplômé du Conservatoire d’Alep et actif à Bruxelles, représente pour sa part une autre tradition musicale du monde arabe.

Le violoniste marocain Abderrahim Semlali, directeur musical de l’Amsterdam Andalusian Orchestra, et Mohammed Ahaddaf, issu de la tradition andalouse de Tétouan et installé aux Pays-Bas, complètent cette constellation d’artistes.

                        >> Lire aussi : De Hammamet à Bizerte, la musique marocaine fait vibrer la Tunisie

Bruxelles, terrain de rencontre

Le choix de Bruxelles n’est pas anodin. Le nouvel orchestre naît dans une capitale où se côtoient de nombreuses traditions, langues et cultures. Les musiques du Maghreb y appartiennent déjà au paysage culturel.

Les répertoires traditionnels rencontrent ici des musiciens formés au classique, à l’arabo-andalou, au chaâbi, au jazz. Chacun conserve son identité musicale, tout en entrant dans une écriture collective.

À la direction musicale, Tom Cohen connaît particulièrement bien ces croisements.

Installé à Bruxelles depuis une dizaine d’années, le chef travaille depuis plusieurs années sur les liens entre écriture orchestrale occidentale et traditions musicales d’Afrique du Nord et du monde arabe. Il a notamment cofondé Symphonyat au Maroc et travaillé en Algérie avec El Gusto, formation emblématique du chaâbi algérien.

              >> Lire aussi : La musique marocaine illumine Washington au concert « Sounds from Home »

Des voix pour une nouvelle génération

Le concert fera également entendre les jeunes voix de la Flagey Academy. Une cinquantaine d’enfants et d’adolescents, âgés de 8 à 18 ans et issus de 26 écoles bruxelloises, participeront à cette première.

Ils représentent 17 nationalités et parlent 16 langues. Leur présence prolonge ainsi le projet au-delà des musiciens professionnels. Les répertoires du Maghreb entrent aussi dans l’univers d’une jeunesse bruxelloise plurielle.

Le début d’une aventure maghrébine

Le concert du 7 octobre constitue ainsi le premier chapitre d’un projet conçu pour durer. Le Maroc ouvre la série, avant que le Maghreb Orchestra of Brussels n’évolue au gré des créations, des artistes invités et des répertoires explorés.

L’ambition est de construire progressivement un répertoire original, à la croisée des traditions musicales du Maghreb et de l’écriture symphonique.

À Flagey, le 7 octobre, le Maroc ne sera donc pas seulement à l’honneur. Il sera au commencement d’une nouvelle aventure musicale.

 

          >> Lire aussi : L’Boulevard : Casablanca célèbre les musiques qui bougent

 

Le 7 octobre, Flagey accueille le concert inaugural du Maghreb Orchestra of Brussels
Avatar photo

Hella Habib

Journaliste culturelle et politique, a dirigé le magazine Maison & Jasmin, consacré à l’architecture et à l’art, avant d’occuper des fonctions de rédaction en chef au sein du quotidien La Presse de Tunisie. Journaliste au Courrier de l’Atlas.