Un rapport accablant pour la police aux frontières

 Un rapport accablant pour la police aux frontières

Des officiers de police italiens vérifient les papiers de trois migrants africains le 21 octobre 2018 dans la ville frontalière alpine de Clavière


Les violations de droits des migrants sont monnaie courante à la frontière franco-italienne. Conclusion d’une enquête réalisée auprès de la police française.


C’est le fruit d’un travail d’enquête de plus de deux années. L’Anafé, association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers, a observé les méthodes de la police au frontière entre la France et l’Italie et le résultat est sans appel : « les pratiques de l’administration françaises sont illégales », peut-on lire dans le rapport de cette enquête intitulée « persona non grata ».


L’Anafé dénonce, par exemple, des contrôles au faciès à répétition sur les lignes ferroviaires qui relient l’Italie à la France, ou sur les routes. Au cœur de l’illégalité de ces pratiques, il y a le fait qu’aucune information sur les droits n’est fournie aux migrants. Ni interprète, ni médecin, ni avocat pour les personnes qui sont renvoyées de l’autre côté de la frontière. Et ça, c’est parfaitement illégal, comme le rappelle l’Anafé dans son rapport.



56 000 refus d’accès au territoire français



Ce rapport vient compléter l’ouverture d’une enquête préliminaire par le parquet de Nice, et qui vise également les pratiques de la police aux frontières, plus précisément vis-à-vis des mineurs isolés étrangers à Menton, dans les Alpes-Maritimes.


En 2017, l’administration française a formulé 56 000 refus d’accès au territoire français. La législation a été renforcée ces dernières années : en 2015, les contrôles aux frontières ont été rétablis. Et deux ans plus tard, avec la loi « de sécurité intérieure et de lutte contre le terrorisme », les périmètres des contrôles d’identité ont été étendus.

 


 

Chloé Juhel

Chloé Juhel