Accord migratoire franco-britannique : pourquoi il prend fin

Des migrants à bord d’une embarcation de passeurs tentent de traverser la Manche au large de Merville-Franceville-Plage, dans le nord-ouest de la France, le 21 septembre 2026. © Guillaume SALIGOT / AFP
L’accord migratoire conclu l’an passé entre la France et le Royaume-Uni n’a pas apporté les résultats espérés et ne devrait pas être reconduit.
En bref
- L’accord migratoire franco-britannique « 1 in, 1 out » arrive à son terme.
- Il prévoyait des retours de migrants vers la France en échange d’entrées légales au Royaume-Uni.
- L’objectif annuel fixé était de 2 600 échanges.
- Au 15 septembre, 1 400 personnes avaient été renvoyées en France et 1 117 admises au Royaume-Uni.
- 19 196 personnes sont arrivées clandestinement au Royaume-Uni depuis le début de 2026, soit une baisse de plus de 42 % sur un an.
« Nous discutons avec les Britanniques sur les modalités de sortie de l’accord », précisait, hier (30 septembre), le ministère de l’Intérieur français, dans des propos rapportés par l’AFP. Clap de fin pour un accord décrié par les associations de défense des droits de l’Homme.
Pourtant, moins de six mois auparavant, le 23 avril dernier, les autorités françaises et britanniques dévoilaient les détails d’une prolongation de l’accord, jusqu’au 1er octobre, pour tenter d’empêcher les traversées clandestines de la Manche. Une nouvelle mouture qui devait permettre de « renforcer la lutte contre les traversées irrégulières et périlleuses de la Manche et de la Mer du Nord », se félicitait alors Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur.
Or, dès le 15 juin dernier, lors de son audition par une commission d’enquête à l’Assemblée nationale, le ministre révélait avoir « clairement annoncé à (son) homologue que cet accord pilote (…), n’avait pas vocation à être reconduit au-delà du 1er octobre 2026 ».
>> Lire aussi : Royaume-Uni: traversées de la Manche et demandes d’asile en baisse sur un an
Accord migratoire franco-britannique : des résultats insuffisants
L’accord franco-britannique dit « 1 in, 1 out » prévoyait que pour chaque personne migrante renvoyée en France après avoir rejoint les côtes anglaises, une autre personne, sélectionnée en France, pourrait entrer au Royaume-Uni munie d’un visa. Avec cet accord, les deux nations espéraient atteindre un objectif annuel de 2 600 échanges.
Le 15 septembre dernier, face au Parlement, la ministre britannique de l’Intérieur, Shabana Mahmood, indiquait que seuls 1 400 migrants ayant rejoint irrégulièrement le Royaume-Uni avaient été renvoyés en France dans le cadre de l’accord. Tandis que 1 117 migrants, ayant fait une demande de visa en France, avaient été autorisés à rejoindre le territoire britannique.
>> A lire aussi : Le chiffre : Royaume-Uni, immigration nette en baisse de près de 50%
L’accord face au droit international
« C’est difficile sur le plan opérationnel tant pour eux que pour nous. Il existe des contraintes de part et d’autre, notamment en matière de capacité d’accueil en centre de rétention », tentait d’expliquer Shabana Mahmood.
Outre les législations nationales respectives, l’accord se heurtait aux textes internationaux sur les droits des réfugiés. Empêcher le dépôt d’une demande de protection internationale d’un demandeur d’asile, qui aurait fui son pays en raison de persécutions, est illégal, selon la Convention de Genève ratifiée par la France et le Royaume-Uni.
Toutefois, depuis le début de l’année 2026, 19 196 personnes migrantes sont arrivées clandestinement au Royaume-Uni, selon les chiffres officiels britanniques. Ce qui représente une baisse de plus de 42 % par rapport à la même période en 2025. Malgré tout, depuis le début de l’année, 22 personnes sont décédées en tentant de traverser clandestinement la Manche.
>> Lire aussi : Procès sur le naufrage de migrants : les sauveteurs se contredisent
Vos questions sur l’accord migratoire franco-britannique
Quel était le principe de l’accord « 1 in, 1 out » ?
Pour chaque personne migrante renvoyée en France après son arrivée au Royaume-Uni, une autre personne sélectionnée en France pouvait entrer légalement au Royaume-Uni.
Quel objectif les deux pays avaient-ils fixé ?
La France et le Royaume-Uni espéraient parvenir à 2 600 échanges par an.
Combien de personnes ont été renvoyées en France ?
Au 15 septembre, 1 400 migrants arrivés irrégulièrement au Royaume-Uni avaient été renvoyés en France dans le cadre de l’accord.
Combien de personnes ont rejoint légalement le Royaume-Uni ?
1 117 personnes ayant demandé un visa en France avaient été autorisées à rejoindre le Royaume-Uni.
Pourquoi l’accord prend-il fin ?
Les deux pays n’ont pas atteint les objectifs espérés. Le ministère français de l’Intérieur discute avec Londres des modalités de sortie du dispositif. Le Royaume-Uni a confirmé que le programme pilote n’acceptait plus de nouveaux dossiers.
