En salles : « Les Évadés de Tindouf », une longue traversée vers la liberté

L’avant-première casablancaise du 2 novembre a réuni invités, professionnels du cinéma et représentants de la presse, avant la sortie nationale du film dans les salles marocaines, le 4 novembre.
Après deux premières présentations publiques, le premier long-métrage d’Abdelhak Najib arrive dans les salles marocaines ce 4 novembre. Inspiré de témoignages d’anciens détenus ayant séjourné à Tindouf, il retrace des parcours de captivité, d’évasion et de reconstruction. Un sujet sensible, porté à l’écran au terme d’une aventure cinématographique mouvementée.
En bref
- Nouvelle avant-première au Megarama de Casablanca le 2 novembre 2026.
- Sortie nationale dans les salles marocaines le 4 novembre.
- Un récit inspiré de témoignages d’anciens détenus.
- Un tournage dans le désert, entre Guelmim et Es-Semara, sous des températures atteignant 49 °C.
Une sortie longtemps attendue
Lundi 2 novembre, le Megarama de Casablanca a accueilli une nouvelle avant-première des « Évadés de Tindouf », en présence de personnalités du monde culturel et institutionnel. Parmi elles, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, et la présidente du Conseil communal de Casablanca, Nabila Rmili.

Réalisé par Abdelhak Najib, le film sort officiellement dans les salles marocaines ce mercredi 4 novembre, à deux jours de la commémoration de la Marche verte, célébrée chaque 6 novembre. En 1975, cet événement historique avait mobilisé 350.000 volontaires marocains à l’appel du Roi Hassan II.
Mais cette arrivée au cinéma a été longue. Le film avait déjà été présenté à Casablanca le 9 novembre 2024, puis à Rabat le 26 février 2025. Malgré son achèvement et l’obtention de son visa d’exploitation, sa distribution commerciale a tardé. Le film a même été proposé temporairement en streaming avant de trouver sa place dans les salles.
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Des témoignages à la fiction
À l’origine du projet, des rencontres. En 2007, Abdelhak Najib fait la connaissance de cinq anciens détenus. Parmi eux, Abdellah Lamani. Leurs récits de captivité et de survie nourrissent progressivement son travail d’écriture.
Le réalisateur s’inspire également de son roman « Une ombre sur le sable », issu de ces témoignages. Le film suit cinq prisonniers, trois hommes et deux femmes, qui parviennent à s’évader après plus de vingt-cinq années de détention. Leur traversée du désert devient une épreuve de survie. Faim, soif, épuisement et dangers jalonnent leur parcours. Leur objectif : retrouver la liberté et regagner le Maroc.
Le récit se déploie sur trois temporalités : 1974, année de la capture ; 2000, période de l’évasion ; et l’époque actuelle. Cette dernière suit un fils, interprété par Abdelhak Najib lui-même, parti sur les traces de son père pour reconstituer son histoire.
Le cinéaste revendique une fiction nourrie de faits et de témoignages réels. Mémoire, transmission et résilience en constituent le fil conducteur.
Un tournage mouvementé dans le désert
Pour donner corps à cette histoire, l’équipe s’est installée durant l’été 2024 dans les régions de Guelmim et d’Es-Semara. Les conditions étaient particulièrement difficiles. Le thermomètre a atteint 49 °C. Le tournage a mobilisé 128 personnes.
La production a également dû composer avec des moyens financiers limités. Son budget est estimé à 1,6 million de dirhams, soit environ 146.000 euros. Abdelhak Najib et sa productrice et coscénariste, Imane Kendili, ont engagé leurs économies personnelles. Le réalisateur a même vendu certains de ses tableaux et biens pour mener le projet à terme.
Un coup de pouce est venu de Walid Regragui, ancien sélectionneur de l’équipe nationale marocaine de football, qui a contribué à hauteur de 120.000 dirhams, soit environ 11.000 euros.
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Une histoire de mémoire et de transmission
La distribution réunit plusieurs figures du cinéma marocain. Driss Roukhe incarne un geôlier chargé de superviser les séances de torture, tandis que Dean Moutaki interprète également un tortionnaire. Mohamed Choubi campe un ancien détenu devenu antiquaire.
Acteur de théâtre, de cinéma et de télévision, Mohamed Choubi était une figure reconnue de la scène artistique marocaine. Il a notamment joué dans « Mort à vendre » de Faouzi Bensaïdi et « Volubilis ». Décédé le 2 mai 2025, à l’âge de 61 ans, après une longue maladie, il signe ici l’une de ses dernières apparitions à l’écran. Gravement malade au moment du tournage, il avait néanmoins tenu à participer au projet. L’avant-première casablancaise lui a rendu hommage.
À leurs côtés figurent Kamal Haïmoud, Karim Oujil, Mohamed Simoka et Yassine Abdelkader. Imane Kendili, également productrice et coscénariste, et Alia Bencheikh complètent la distribution. Toutes deux médecins de profession, elles ont découvert l’expérience du jeu devant la caméra.
D’une durée d’environ 1 h 30, « Les Évadés de Tindouf » porte à l’écran une histoire de captivité et d’évasion, mais aussi de mémoire et de transmission. Avec sa sortie nationale, le film quitte enfin le cercle des projections privées pour aller à la rencontre du grand public.
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