À El Jadida, le cheval au galop entre tradition et création

 À El Jadida, le cheval au galop entre tradition et création

Avant le départ, les cavaliers se tiennent côte à côte, prêts à lancer leurs chevaux dans une nouvelle course de tbourida, cette discipline équestre traditionnelle marocaine

Le prince héritier Moulay El Hassan a présidé, le 12 octobre, la cérémonie d’ouverture de la 17e édition du Salon du Cheval d’El Jadida. Jusqu’au 18 octobre, la manifestation célèbre le patrimoine équestre marocain, entre Tbourida, compétitions internationales et créations artistiques.

En bref

  • Dates : du 13 au 18 octobre 2026, au Parc des expositions Mohammed VI d’El Jadida. La cérémonie d’ouverture s’est tenue le 12 octobre.
  • Patrimoine : Grand Prix de Tbourida et concours consacrés aux chevaux pur-sang arabes, barbes et arabe-barbes.
  • Sport : le Grand Prix de saut d’obstacles passe au niveau CSI 5*-W, le plus haut niveau international de la discipline, avec des épreuves qualificatives pour la Coupe du monde.
  • Culture : concours d’art pour les jeunes, prix de photographie et concours de poésie autour du cheval.

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Tbourida : tout se joue à l’unisson

Au signal, les cavaliers lancent leurs montures au galop et tirent simultanément leurs fusils dans une détonation collective. Cette séquence, appelée « talqa », constitue le temps fort de la tbourida.

Sur la piste, les sorbas (groupes de cavaliers pratiquant la Tbourida) avancent en rang avant de lancer leurs chevaux au galop. Le Grand Prix de Sa Majesté le Roi Mohammed VI de Tbourida réunit des équipes représentant les différentes régions du Royaume. Au terme de la charge, les cavaliers tirent une salve à blanc. Tout se joue alors dans la synchronisation : les détonations doivent claquer ensemble.

Mais la Tbourida ne se résume pas à cet instant spectaculaire. Les costumes, les selles et les harnachements témoignent aussi d’un savoir-faire artisanal transmis au fil des générations. Inscrite en 2021 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’Unesco, cette pratique équestre reste liée aux fêtes nationales, religieuses et familiales.

L’élevage et les races marocaines à l’honneur

D’autres épreuves mettent en lumière le travail moins visible des éleveurs : celui qui consiste à sélectionner les chevaux, à préserver les lignées et à faire reconnaître leurs qualités. La Coupe des Éleveurs Marocains de chevaux pur-sang arabes rassemble ainsi une soixantaine de chevaux appartenant à une vingtaine d’éleveurs marocains.

Le concours international de modèles et allures des pur-sang arabes a, lui aussi, gagné en prestige. Classé « Title Show », il atteint le plus haut rang décerné par l’ECAHO, la Conférence européenne des organismes du cheval arabe. Des chevaux champions du Maroc y côtoient des représentants venus d’Europe et du Moyen-Orient.

Le Salon met également à l’honneur deux races étroitement liées au patrimoine équin marocain, le barbe et l’arabe-barbe. La Coupe des Champions des chevaux barbes figure pour la première fois au programme. Celle des chevaux Arabe-Barbes réunit une quarantaine de chevaux déjà titrés lors de précédentes éditions ou de championnats nationaux.

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Le saut d’obstacles change de dimension

En saut d’obstacles, le cheval et son cavalier doivent franchir les obstacles sans faute, dans le temps imparti. Cette année, le Grand Prix de Sa Majesté le Roi Mohammed VI accède au niveau CSI 5*-W, le plus haut niveau de compétition internationale dans la discipline. Le « W » indique que des épreuves sont qualificatives pour la Coupe du monde.

Cette compétition constitue la dernière étape du Morocco Royal Tour, après Tétouan et Rabat. En parallèle, le concours CSI 1* passe au niveau CSI 2*. Les cavaliers marocains pourront ainsi se mesurer à des concurrents internationaux dans le cadre de cette épreuve également.

Ce changement de catégorie place El Jadida parmi les rendez-vous majeurs du calendrier international du saut d’obstacles. À côté de la maîtrise collective de la Tbourida, le Salon donne ainsi toute sa place à une autre exigence équestre : la précision du geste, la régularité du parcours et la performance sportive.

Du dessin au poème, le cheval inspire aussi les artistes

Au Salon, le cheval ne se montre pas seulement en piste : il passe aussi sur le papier, dans l’objectif des photographes et sous la plume des poètes. Ainsi, le concours d’art pour jeunes talents s’adresse aux lycéens de 12 à 17 ans sélectionnés dans la province d’El Jadida et cinq autres provinces du Royaume.

La photographie a également son prix. Ouvert aux photographes arabes, le prix de Son Altesse Cheikh Mansour Ben Zayed Al Nahyane, organisé avec l’Union des photographes arabes, distingue les images consacrées au cheval.

La poésie complète ce volet, avec un concours organisé en partenariat avec l’Association des Chevaux Arabes des Émirats et l’Autorité du patrimoine d’Abou Dhabi. Les auteurs sont invités à mettre en mots le lien entre l’homme et le cheval.

Le thème de cette 17e édition, « Le cheval au service de l’humain », prend ainsi des formes très concrètes : préserver une lignée, franchir un obstacle ou saisir un mouvement. Autant de gestes et de regards qui racontent, chacun à leur manière, la place du cheval dans la culture marocaine mais aussi dans la création contemporaine.

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Le Salon du cheval d’El Jadida revient pour une nouvelle édition, consacrée à la valorisation du patrimoine équestre marocain.
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Hella Habib

Journaliste culturelle et politique, a dirigé le magazine Maison & Jasmin, consacré à l’architecture et à l’art, avant d’occuper des fonctions de rédaction en chef au sein du quotidien La Presse de Tunisie. Journaliste au Courrier de l’Atlas.