Attentat raciste de Trappes : le RN et « certains médias » pointés par les associations

Un participant brandit une pancarte dénonçant l’extrême droite et CNEWS lors de la marche silencieuse en hommage à Pengo Bossio Wangi à Aubervilliers, le 25 octobre 2026. © Sameer AL-DOUMY / AFP
Pour plusieurs associations, cet attentat raciste est survenu dans un climat de haine alimenté par plusieurs acteurs politiques et relayé par quelques médias.
En bref
- Un homme a tué Pengo Bossio Wangi et blessé plusieurs personnes à Trappes et La Verrière le 23 octobre.
- La LDH dénonce les discours racistes et la responsabilité morale des responsables politiques et des médias.
- Le CRAN met en cause des déclarations d’Éric Zemmour et de Jordan Bardella sur Trappes.
- Le SNES-FSU alerte sur la banalisation des discours racistes sous l’impulsion de l’extrême droite et d’une partie de la droite.
- Le CRAN annonce vouloir se constituer partie civile aux côtés des victimes.
« Ce tragique événement ne peut être interprété comme un simple fait divers, œuvre d’un déséquilibre personnel de l’auteur », indiquait la Ligue des droits de l’Homme (LDH) ce week-end.
Vendredi 23 octobre, à Trappes et La Verrière, un homme a tué un jeune homme, Pengo Bossio Wangi, âgé de 26 ans, et blessé sept autres personnes, dont une enfant de douze ans. Ce week-end, la garde à vue du suspect avait été suspendue pour raisons psychiatriques, avant de reprendre lundi (26 octobre), en début d’après-midi.
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Le Parquet national antiterroriste (PNAT) précisait que l’homme interpellé affirmait avoir voulu « venger les commerçants » après les événements du 17 octobre 2026 en s’en prenant « aux Noirs et aux Arabes ». Pour la LDH, « ces propos mettent en cause la responsabilité politique et morale des médias et des responsables politiques qui ont alimenté une lecture raciste de ces événements en désignant des populations entières à la vindicte ».
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« Horde de barbares maghrébins et africains »
Dans un communiqué du 25 octobre, le Conseil représentatif des associations noires (CRAN) rappelait qu’à la suite des violences du 17 octobre, Éric Zemmour, sur LCI, avait pointé une « horde de barbares maghrébins et africains ».
Dans son communiqué, la LDH dénonçait « les propos racistes, xénophobes, islamophobes, toujours plus haineux et stigmatisants, se diffusent dans notre société, portés par une part croissante des acteurs politiques et relayés par de puissants médias » qui « nourrissent des passages à l’acte meurtriers ».
Pour Nathalie Tehio, présidente de la LDH, certains médias du « groupe Bolloré, dont CNEWS (…) diffusent à longueur de temps de la provocation à la haine raciale ».
Alors que le Rassemblement national (RN) nie toute responsabilité, la présidente de l’association de défense des droits humains accusait, le 26 octobre, le parti d’extrême droite « d’avoir des discours de haine qui arment idéologiquement le meurtrier, qui favorisent le passage à l’acte de personnes fragiles psychologiquement ».
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Banalisation
Dimanche 25 octobre, le SNES-FSU (Syndicat national des enseignements de second degré) pointait de son côté une banalisation et une intensification des discours racistes « sous l’impulsion de l’extrême droite et d’une partie de la droite ». « Les personnes musulmanes (…) les personnes immigrées (…) et, plus largement, les personnes racisées sont régulièrement désignées comme des boucs émissaires, stigmatisées et déshumanisées, jusqu’à être présentées comme des ennemis de l’intérieur », selon le syndicat d’enseignants.
De son côté, le CRAN rappelait la stigmatisation dont a été victime la ville de Trappes ces dernières années. L’association soulignait des propos d’Éric Zemmour, en 2021 sur CNEWS, pour qui Trappes était « une ville musulmane régie par la loi islamique ». Ou encore des propos de Jordan Bardella, datant d’octobre 2021, qualifiant la ville des Yvelines de « République islamique en miniature ». Le président du RN avait alors été mis en examen puis relaxé en décembre 2023.
À la suite de l’attentat raciste de Trappes et La Verrière, le CRAN a annoncé vouloir se constituer partie civile aux côtés des victimes. Pour l’association, « une réponse judiciaire qui ne serait pas à la hauteur serait entendue comme une permission de tuer ».
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Vos questions sur l’attentat raciste de Trappes
Que s’est-il passé à Trappes et La Verrière le 23 octobre 2026 ?
Un homme a tué Pengo Bossio Wangi, âgé de 26 ans, et blessé plusieurs personnes lors de tirs à Trappes et La Verrière, dans les Yvelines.
Que reproche la LDH aux responsables politiques et aux médias ?
La Ligue des droits de l’Homme leur reproche d’avoir alimenté une lecture raciste des événements et d’avoir désigné des populations entières à la vindicte.
Quelles déclarations d’Éric Zemmour et de Jordan Bardella sont rappelées ?
Le CRAN rappelle des propos tenus en 2021 sur Trappes, qu’Éric Zemmour avait décrite comme une « ville musulmane régie par la loi islamique » et que Jordan Bardella avait qualifiée de « République islamique en miniature ».
Quelle est la position du SNES-FSU ?
Le syndicat dénonce la banalisation et l’intensification des discours racistes, sous l’impulsion de l’extrême droite et d’une partie de la droite.
Que compte faire le CRAN après l’attentat ?
Le Conseil représentatif des associations noires a annoncé vouloir se constituer partie civile aux côtés des victimes.
