Editos.De Macron, des chrétiens, des musulmans et des autres

Le Président Emmanuel Macron lors de son discours à la conférence des évêques de France le 9 avril, à Paris. (Crédit photo : Ludovic Marin/Pool/AFP)

Le directeur de la rédaction du Courrier de l'Atlas, Abdellatif Elazizi revient ce mois-ci sur le discours du président Macron devant la conférence des évêques de France.

Emmanuel Macron serait-il croyant ? Sa dernière rencontre avec les évêques de France a été l’occasion pour lui de préciser que “reconnaître les uns n’est pas diminuer les autres” et de considérer que “la laïcité n’a certainement pas pour fonction de nier le spirituel au nom du temporel, ni de déraciner de nos sociétés la part sacrée qui nourrit tant de nos concitoyens”. Depuis son arrivée au pouvoir, le chef de l’Etat français tempère les ardeurs des bouffeurs d’imams et de curés, en cherchant notamment à tisser une nouvelle relation avec toutes les croyances. “L’accusation” d’avoir la foi, est encore plus grave quand le chef de l’Etat exprime sa bienveillance envers les musulmans de l’Hexagone. Bien sûr, le Président se garde bien d’en faire trop en ces temps de fracture, mais ses sorties, ses initiatives et même ses silences en disent long sur sa volonté de garder les canaux ouverts avec une communauté meurtrie par les actes inconsidérés de quelques brebis galeuses, blessée par la suspicion du plus grand nombre. A commencer par la guerre à fleurets mouchetés qu’il mène sans relâche contre les intégristes de la laïcité.

Les pyromanes de la stigmatisation religieuse

En témoigne le procès en “atteinte grave à la laïcité” de la part de la gauche et des francs-maçons au lendemain de sa soirée avec les représentants de la chrétienté, hussards de la République transformés en éclaireurs déboussolés dans un “no man’s land” de chienlit. Ce faisant, Macron répond, d’une manière subtile à ces pyromanes qui ne cessent de stigmatiser une partie de la population française à cause de ses convictions religieuses. Une posture pitoyable que certains comme Manuel Valls tentent d’instrumentaliser pour remettre un pied sur la scène politique en proposant par exemple d’interdire le salafisme. Au-delà de l’absurdité d’une telle proposition, les quelque 15 000 salafistes en majorité “Français de souche”, quiétistes convaincus, apprécieront. Quant aux djihadistes, si Valls s’était donné la peine de fouiller dans ses archives de police, il aurait constaté que les terroristes qui ont frappé la France sont de petits délinquants de banlieue plus à l’aise avec la drogue et les trafics en tout genre qu’avec les préceptes de l’Islam.

Le président de l’apaisement

Heureusement, Emmanuel Macron a résisté à la tentation de caresser dans le sens du poil l’émotion des Français écœurés par la violence terroriste. L’Histoire retiendra en tout cas, qu’il reste le seul président français qui aura le mieux défendu le droit des musulmans français à vivre en paix dans l’Hexagone. S’il semble décidé à favoriser l’organisation d’un culte musulman apaisé, en phase avec les principes fondateurs de la République, il apparaît aussi convaincu que la bataille idéologique au sein de l’Islam français ne pourra se faire qu’avec les musulmans de France eux-mêmes. Ces derniers n’ont pas attendu Valls pour savoir que leurs adversaires, ce sont d’abord les wahhabites, les Frères musulmans et tous les gourous de ces nouvelles religions de l’exclusion. 

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