Emploi : Une carrière au Maroc en ligne de mire

 Emploi : Une carrière au Maroc en ligne de mire

DR

L’idée pour les Marocains du Monde de retourner au pays devient plus courante. La nouvelle édition de Carriers in Morocco a réuni des entreprises marocaines venues à leur rencontre. L’occasion de comprendre les motivations des recruteurs et des candidats sur un emploi au Maroc.

Hamza Idrissi prend soin de ses « invités ». Le responsable du forum Carriers in Morocco depuis une quinzaine d’années, répond aux attentes des recruteurs mais aussi des candidats au sein des salons de l’Hotel Méridien, près de la Porte Maillot à Paris. Disponible et à l’écoute, il tente de faciliter le retour des Marocains du Monde dans un emploi au Royaume avec une nouvelle formule du fameux forum. « Depuis l’apparition de la COVID-19, nous avons introduit un nouveau concept, les Journées de Recrutement. Le format consiste à inviter, sur une seule journée, des entreprises qui opèrent au Maroc et les compétences marocaines d’ailleurs. »

Fin observateur du marché de l’emploi marocain, il souligne que l’on ne constate pas forcément une augmentation des départs depuis l’Europe. « On peut parler de flux circulaire. Il y a toujours un mouvement dans les deux sens. Il y a des marocains installés au Royaume qui veulent aller à l’étranger mais également des gens de la diaspora qui veulent faire le chemin inverse. »

Implanté dans plusieurs villes (Paris, Londres, Dubaï), Carriers in Morocco cherche surtout à diversifier les ressources humaines pour les entreprises marocaines. Hamza Idrissi assure même qu’il n’y a pas de profil cible. Il a pu relever depuis 15 ans deux sortes de candidats qui souhaitent effectuer leur retour au Maroc. « Il y a ceux qui ont fait leurs études à l’étranger et souhaitent rentrer au Royaume après quelques années à l’étranger. Les seconds sont ceux qui ont étudié au Maroc et ont émigré pour des raisons professionnelles. Au bout de quelques années, ils souhaitent rentrer au Maroc. »

>>Lire aussi : Le DRH d’Intelcia Maroc explique pourquoi travailler au Maroc

Famille et cadre de vie

Jassim Sadiki est candidat pour ces journées de recrutement. Responsable SI dans le groupe de taxis G7, il habite en France depuis 2010. Pour lui, « le futur est au Maroc. Il y a plusieurs opportunités dans un pays en pleine transformation. Je n’ai pas de doute que le Maroc sera leader en Afrique et que cela va m’ouvrir plusieurs voies. »

Venu pour passer quelques entretiens avec des entreprises marocaines, Jassim estime que « la problématique salariale ne se pose pas. La vie reste moins chère au Maroc qu’en France. Dans le package Maroc, il y a aussi la famille et le cadre de vie plus agréable. »

 >>Lire aussi : Etudiants cherchent entreprises au Maroc

Les compétences avant tout

Maryam Zoulali est responsable recrutement, partenariats et marque employeur chez Attijariwafa Bank. Elle voit dans ses journées de recrutement l’opportunité de diversifier ses recrutements. « Nous allons là où nous trouvons des compétences. Cela dépasse celles marocaines puisque nous sommes un groupe panafricain, basé dans 26 pays dont 15 sur le continent. Nous faisons beaucoup de forums car nous sommes une banque universelle. »

Informatique, commercial, data, conformité, juridique,…Les besoins sont importants pour une banque qui a le souci de son essor sur le continent. Maryam Zoulali prend l’exemple de la banque ouverte au Tchad qui a été opérée par un tchadien qui travaillait à la Caisse d’Epargne depuis plusieurs années à Paris. « Lors de cette journée, nous avons rencontré des jeunes profils mais aussi certains qui ont dix ou quinze ans d’expérience. Il nous arrive de les rencontrer plusieurs années d’affilée. Nous cherchons alors à établir une relation de confiance pour le projet de retour. Leur parler de notre groupe, de nos ambitions africaines et de notre recherche de compétences sur le continent nous semble important. Nous espérons instaurer une relation personnalisée avec les candidats et être proche de la diaspora marocaine et africaine. »

 

 

 

 

Yassir Guelzim

Yassir GUELZIM

Journaliste, auteur et réalisateur, Yassir Guelzim évolue depuis plus de vingt-cinq ans entre presse écrite, radio, télévision et documentaire. La constante de son parcours : décrypter les dynamiques politiques, les sociétés en mouvement et les fractures du monde contemporain.Collaborateur du courrier de l'atlas depuis 2017, il a également travaillé en tant que journaliste à LCI pendant près de quinze ans mais aussi France 3, RMC Moyen-Orient–RFI, France Inter et France Culture, couvrant notamment les élections marocaines de 2002 et de nombreux enjeux liés au monde arabe et à l’espace méditerranéen.Son travail s’est progressivement étendu à l’écriture et à la réalisation documentaire. Co-auteur et co-réalisateur de L’Archipel des Français Libres (France 5, 2021), il explore les mémoires maritimes et les trajectoires méconnues de l’histoire française. L’ouvrage tiré du film reçoit une mention du jury du Prix Étienne Taillemite en 2023. En 2024, il signe également La Prohibition Américaine, une aubaine française, diffusé sur France 5 dont un ouvrage aux éditions Mon Autre France sortira en octobre 2026.Fondateur de la société Mediterranean Press TV News Production, qu’il dirige pendant dix ans, il produit des reportages et documentaires diffusés sur Arte, France 24, Al Jazeera ou Sky News Arabic.Diplômé du département de Sciences Politiques de Paris La Sorbonne et de l'Université de sciences économiques de Montpellier I, Yassir Guelzim conjugue regard analytique, rapport économique et exigence narrative. Spécialisé sur l'économie, il peut aussi traiter de questions politiques, géopolitiques ou sociétales. Ses articles et interviews interrogent les rapports de pouvoir, les identités politiques et les mutations géopolitiques, avec une attention particulière portée sur le Maroc, l'Afrique, le Proche-Orient et les sociétés méditerranéennes.