Empowerment : Bouchra Baïbanou bientôt sur le toit de l’Afrique

 Empowerment : Bouchra Baïbanou bientôt sur le toit de l’Afrique

L’alpiniste marocaine Bouchra Baibanou, photographiée chez elle avec ses trophées dans le quartier Sidi Moussa de Salé près de Rabat, le 29 novembre 2018. Première Marocaine à gravir les sept sommets des continents mondiaux, Bouchra Baibanou veut inspirer une nouvelle génération de femmes qui « osent croire en elles-mêmes ». « Avec de la volonté et de la persévérance, vous pouvez y arriver », a déclaré Baibanou, 49 ans, quelques semaines après avoir atteint le sommet du mont Vinson en Antarctique. FADEL SENNA / AFP

Bouchra Baïbanou est connue pour être la première marocaine à avoir gravi l’Everest et la première au Royaume à avoir grimpé les 7 sommets du monde. Pour la première édition de Trek4Good, elle reprend du service au Kilimandjaro avec 3 femmes inspirantes. L’objectif : collecter 30 000 euros pour l’empowerment de 100 jeunes filles en France et au Maroc.

On se rappelle de sa première fois au sommet du Kilimandjaro et de ses nombreux exploits dans les montagnes du monde. Bouchra Baïbanou remet le couvert pour une cause solidaire. Consciente du modèle féminin nécessaire notamment en milieu rural, elle sera accompagnée de 3 autres femmes connues pour leur engagement. On retrouvera ainsi la co-fondatrice e W(e) Talk, Nathalie Bondetti Lafrie, la consultante dans le digital, Linda Benkacem et la rédactrice en chef du Courrier de l’Atlas, Nadia Hathroubi Safsaf. Cette expérience fera l’objet d’un reportage dans le numéro du mois de mars de notre magazine.

Fédérant ces énergies, le projet Trek4Good a décidé de lancer un financement participatif pour atteindre leur objectif. Soutenues par plusieurs personnalités (Anne-Laure Bonnet, Samira Ibrahim, Aya Cissoko, Abdelaali El Badaoui, etc..), ces 4 femmes en mouvement espèrent pouvoir rendre l’éducation et la santé inclusive en France et au Maroc. Défi solidaire et humain, 2 bootcamps au Maroc en juillet 2023 et en France en octobre 2023 viendront après l’ascension. Avant le départ, elle nous a accordé quelques réponses à nos questions.

Le Courrier de l’Atlas : Pourquoi menez-vous ce projet Trek4Good ?

Bouchra Baïbanou : Il s’agit de 4 femmes qui ont réuni leurs énergies pour la cause des femmes dans l’éducation et la santé. Nous espérons toucher les jeunes filles des milieux ruraux au Maroc mais aussi celles des Quartiers Prioritaires de la Ville (QPV) en France. Nous souhaitons être des modèles d’inspiration et prouver aux femmes qu’elles peuvent s’en sortir par leurs moyens. Elles auront ainsi des softskills qui leur permettront d’atteindre leurs objectifs en dépassant les stéréotypes.

Le Courrier de l’Atlas : Il s’agit d’un défi sportif mais aussi écologique. Pourquoi vouloir faire ce trek en conformité avec notre environnement ?

Bouchra Baïbanou : Quand on gravit les montagnes, on se rend compte de la fragilité de notre planète. J’ai été témoin de plusieurs phénomènes (avalanches, disparitions de glaciers, tempêtes, etc..). Dans la ville, on ne s’en rend pas forcément compte. Au Maroc où de nombreux villages sont implantés en montagne, les inondations et autres intempéries viennent rappeler l’importance de la préservation de la nature. Nous devons avoir ce rôle de lanceur d’alerte : notre planète est en souffrance et doit être protégée pour nos enfants.

Le Courrier de l’Atlas : Pourquoi avoir fait appel à un financement participatif pour votre projet ?

Bouchra Baïbanou : On espère collecter 30 000 euros pour les deux bootcamps. La campagne a bien démarré. Nous cherchons des sponsors et des mécènes pour aller encore plus loin. Ce projet, Trek4Good est une façon d’encourager les femmes à se libérer et à vivre leurs vies. Les femmes ont des grands potentiels mais elles ne trouvent pas forcément les bons chemins. C’est aussi le moyen de changer les mentalités, surtout dans les zones rurales.

Yassir Guelzim

Yassir GUELZIM

Journaliste, auteur et réalisateur, Yassir Guelzim évolue depuis plus de vingt-cinq ans entre presse écrite, radio, télévision et documentaire. La constante de son parcours : décrypter les dynamiques politiques, les sociétés en mouvement et les fractures du monde contemporain.Collaborateur du courrier de l'atlas depuis 2017, il a également travaillé en tant que journaliste à LCI pendant près de quinze ans mais aussi France 3, RMC Moyen-Orient–RFI, France Inter et France Culture, couvrant notamment les élections marocaines de 2002 et de nombreux enjeux liés au monde arabe et à l’espace méditerranéen.Son travail s’est progressivement étendu à l’écriture et à la réalisation documentaire. Co-auteur et co-réalisateur de L’Archipel des Français Libres (France 5, 2021), il explore les mémoires maritimes et les trajectoires méconnues de l’histoire française. L’ouvrage tiré du film reçoit une mention du jury du Prix Étienne Taillemite en 2023. En 2024, il signe également La Prohibition Américaine, une aubaine française, diffusé sur France 5 dont un ouvrage aux éditions Mon Autre France sortira en octobre 2026.Fondateur de la société Mediterranean Press TV News Production, qu’il dirige pendant dix ans, il produit des reportages et documentaires diffusés sur Arte, France 24, Al Jazeera ou Sky News Arabic.Diplômé du département de Sciences Politiques de Paris La Sorbonne et de l'Université de sciences économiques de Montpellier I, Yassir Guelzim conjugue regard analytique, rapport économique et exigence narrative. Spécialisé sur l'économie, il peut aussi traiter de questions politiques, géopolitiques ou sociétales. Ses articles et interviews interrogent les rapports de pouvoir, les identités politiques et les mutations géopolitiques, avec une attention particulière portée sur le Maroc, l'Afrique, le Proche-Orient et les sociétés méditerranéennes.