“Un toit c’est un droit” – A Paris, on se bat encore pour un logement décent

 “Un toit c’est un droit” – A Paris, on se bat encore pour un logement décent

Marche à Paris depuis l’Hôtel-Dieu jusqu’au ministère de la Cohésion des territoires


Mercredi 5 Juillet, 16h30. Quelque 150 personnes, essentiellement des familles, se sont retrouvées devant l’Hôtel-Dieu à Paris pour marcher jusqu’au ministère de la Cohésion des territoires.


Derbouka, danse, sourires radieux… on est loin d’imaginer la cause pour laquelle ses manifestants sont là. Mais quand on tend l’oreille on entend: "so, so, so, solidarité ! avec les mal logés !" ou encore "pas d’expulsion sans relogement". Le sujet est tout de suite plus sérieux.


Ils sont pour la majorité syriens, mais il y’a aussi des Maghrébins, des Italiens et des Français. Ils sont tous là pour crier leur droit à un logement décent. Le droit à un toit.


Une dame prend la parole, elle raconte son histoire : "On m’a expulsée sans préavis, je suis rentrée chez moi un soir et les serrures avaient été changées, je me suis retrouvée à la rue au beau milieu de la nuit". Comme elle, ils sont nombreux à avoir connu la rue, ou y sont encore.


La marche est organisée par l’association DAL (Droit Au Logement), à sa tête, Jean Baptiste Eyraud. "Nous avons choisi de nous rassembler ici, devant l’Hôtel-Dieu car cet endroit est symbolique pour nous” explique-t-il. En effet, le 7 Janvier, des dizaines de sans-abris ont occupé une aile désaffectée de l’hôpital, qui durant longtemps fut le symbole de la charité et l’hospitalité. Depuis, soit sept mois après, ils y sont encore, et attendent de trouver un logement plus décent.


Samson, un Ethiopien de 26 ans, fait partie de ceux qui ont trouvé abri à l’Hôtel-Dieu. Titulaire d’un diplôme en conception et réalisation de carrosserie, il s’est retrouvé à la rue à la suite d’un incendie dont les causes sont indéterminées. "Je sais comment les gens de mon pays galèrent pour venir en Europe, donc je me suis dit je n’ai pas le droit de faire marche arrière, il faut aller de l’avant" raconte Samson.  


Véritable lueur d’espoir pour cette foule de manifestants, il a, depuis, trouvé un travail en tant que plongeur à Disneyland, et attend toujours que la préfecture tienne sa promesse de reloger une centaine de personnes.


Emna Guizani


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