Jamila Boulkabache, nouveau visage d’une natation tunisienne triomphante

Jamila Boulkabache
Alors que la natation tunisienne s’est imposée ces dernières années comme l’une des disciplines les plus performantes du sport national grâce aux exploits de ses nageurs masculins, une jeune femme est en train d’écrire à son tour une histoire prometteuse.
Au moment où le Mondial de football éclipse la plupart des actualités sportive, une lueur d’espoir a pourtant de quoi faire oublier les ratés footballistiques de la Tunisie en Coupe du monde. En établissant un nouveau record de Tunisie du 400 mètres nage libre lors des Championnats de France, Jamila Boulkabache confirme qu’elle n’est plus un simple projet de grande sportive, mais une athlète déjà accomplie appelée à porter haut les couleurs nationales sur la scène internationale.
Cette performance s’inscrit dans une dynamique remarquable qui permet à la Tunisie de continuer à exister parmi les grandes nations africaines de la natation.
Une progression fulgurante à seulement 19 ans
Le chrono de 4 min 16 s 75 réalisé par Jamila Boulkabache le 1er juillet lui a non seulement permis de se qualifier pour la finale A des Championnats de France, mais également de décrocher les minima B pour les Championnats du monde en bassin de 25 mètres de 2026 ainsi que pour les Mondiaux en grand bassin de 2027.
Cette progression n’a rien d’un hasard. Dès l’âge de 15 ans à peine, la jeune nageuse précoce améliore régulièrement ses propres références nationales. En novembre 2024, elle avait déjà abaissé le record tunisien du 400 mètres nage libre à Caen, avant de l’améliorer une nouvelle fois à Lausanne en mars dernier. Entre-temps, elle s’est également illustrée sur des distances plus longues, en battant notamment le record national du 1 500 mètres nage libre lors de l’Euro Meet de Luxembourg le 1er février 2026, où elle avait décroché une médaille d’argent. Quelques mois plus tard, elle s’offrait également le record de Tunisie du 800 mètres lors du prestigieux meeting de Canet-en-Roussillon.
Âgée de 19 ans aujourd’hui, la spécialiste des épreuves de fond construit son ascension avec une remarquable régularité. Installée désormais en France où elle évolue dans un environnement particulièrement compétitif, elle profite d’un calendrier relevé qui accélère sa progression. Sa polyvalence sur les longues distances rappelle les qualités d’endurance qui ont fait la réputation de la natation tunisienne.
Dans le sillage des champions masculins
L’émergence de Jamila Boulkabache intervient à un moment où la natation tunisienne connaît une nouvelle période faste. Après la génération dorée incarnée par Oussama Mellouli, champion olympique et multiple champion du monde, la relève masculine a pris le relais avec éclat.
Ahmed Jaouadi s’est ainsi imposé comme la nouvelle référence mondiale de la discipline. Champion du monde du 800 et du 1 500 mètres nage libre en 2025 après avoir déjà atteint les finales olympiques à Paris, il confirme que la Tunisie demeure une place forte des épreuves de demi-fond et de fond. Autour de lui, plusieurs jeunes nageurs continuent également de progresser sur les circuits européens, témoignant de la qualité de la formation tunisienne.
Dans ce contexte, Jamila Boulkabache apparaît comme le pendant féminin de cette nouvelle génération. La Tunisie possède en réalité une riche et méconnue tradition chez les nageuses : des pionnières comme Myriam Mizouni à Faten Ghattas ou encore Senda Gharbi, avaient marqué les années 1970, 1980 et 1990. Depuis, rares sont celles qui avaient réussi à s’imposer durablement au niveau international.
Les records qui tombent les uns après les autres laissent désormais entrevoir un retour durable de la natation féminine tunisienne au premier plan. À moins de deux ans des prochaines grandes échéances internationales, Boulkabache incarne sans doute la meilleure chance de renouer avec cette tradition d’excellence. Son ascension démontre que la natation tunisienne ne repose plus uniquement sur quelques individualités masculines, mais qu’elle est désormais portée par une génération complète capable de faire rayonner le drapeau tunisien dans les bassins du monde entier.
Première sensation de Jamila Boulkabache qui remportait l’or en 400 mètres à la 6ᵉ édition des Jeux de la Solidarité islamique à Riyad en novembre 2025
