Prada choisit Saint Levant, un profil qui bouscule les codes

 Prada choisit Saint Levant, un profil qui bouscule les codes

Saint Levant, un artiste qui revendique ses racines palestiniennes

En choisissant le chanteur palestinien Saint Levant comme nouvel ambassadeur, Prada signe une nomination qui dépasse le simple univers de la mode. Étoile montante de la scène musicale internationale, l’artiste au parcours multiculturel incarne un profil inédit pour la maison italienne.

De Gaza à la scène internationale

Derrière le nom de scène Saint Levant se cache Marwan Abdelhamid, né à Jérusalem en 2000 d’un père palestino-serbe et d’une mère franco-algérienne. Il a passé une partie de son enfance à Gaza avant que sa famille ne s’installe en Jordanie. Le jeune chanteur poursuit sa carrière entre Los Angeles et le Moyen-Orient.

À seulement 25 ans, il est devenu l’une des figures les plus originales de la nouvelle scène musicale internationale. Sa particularité ? Chanter naturellement en arabe, en anglais et en français, tout en mêlant rap, R&B et sonorités orientales.

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Sa carrière explose en 2022 grâce à Very Few Friends, un morceau devenu viral sur TikTok et les plateformes de streaming. Depuis, les succès s’enchaînent avec les projets From Gaza, With Love, Deira et plus récemment Love Letters, confirmant qu’il est bien plus qu’un phénomène des réseaux sociaux. En 2024, sa prestation au festival de Coachella lui ouvre définitivement les portes de la scène mondiale.

Mais Saint Levant est également reconnu pour son engagement en faveur de la culture palestinienne. Il utilise régulièrement sa musique pour raconter son histoire, défendre son identité et soutenir les créateurs palestiniens, notamment à travers la fondation 2048 qu’il a cofondée.

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Pourquoi Prada l’a choisi ?

Cette nomination est loin d’être improvisée. Quelques jours avant l’annonce officielle, Saint Levant assistait déjà, au premier rang, au défilé homme Printemps-Été 2027 de Prada à Milan. La maison italienne avait déjà commencé à construire cette relation depuis plusieurs mois.

Fondée en 1913 à Milan, Prada est l’une des maisons de luxe italiennes les plus prestigieuses au monde. Longtemps associée à une élégance intellectuelle et discrète, elle cherche aujourd’hui à séduire une clientèle plus jeune, plus mondiale et plus connectée.

Saint Levant coche précisément toutes les cases recherchées par les grandes maisons de luxe :

  • une forte influence auprès de la génération Z ;
  • une audience internationale répartie entre le Moyen-Orient, l’Europe et l’Amérique du Nord ;
  • une identité multiculturelle qui dépasse les frontières ;
  • un univers artistique sophistiqué, parfaitement compatible avec l’image de Prada ;
  • une présence très forte sur les réseaux sociaux.

L’artiste n’est d’ailleurs pas un novice dans l’univers du luxe. En 2023, il était devenu le premier ambassadeur de parfum de Dior pour le Moyen-Orient avant de collaborer avec Saint Laurent lors de campagnes et de défilés.

Le luxe change-t-il de visage ?

Depuis plusieurs années, les maisons de luxe ne vendent plus seulement des vêtements ou des accessoires : elles construisent des récits et incarnent des valeurs. En choisissant Saint Levant, Prada affirme cette évolution.

Après avoir nommé Bella Hadid ambassadrice mondiale de sa ligne beauté, la maison italienne poursuit son ouverture à des profils multiculturels en faisant de l’artiste le premier ambassadeur né en Palestine. Au-delà de sa notoriété, elle mise sur une figure capable d’exercer une véritable influence culturelle auprès d’une génération connectée et sensible aux questions d’identité.

Si ce choix, porté par un artiste qui revendique ses racines palestiniennes, a suscité des réactions sur les réseaux sociaux, il illustre surtout une tendance de fond : le luxe privilégie désormais des personnalités qui font le lien entre mode, musique, culture et engagement, plutôt que de simples célébrités.

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Hella Habib

Journaliste culturelle et politique, a dirigé le magazine Maison & Jasmin, consacré à l’architecture et à l’art, avant d’occuper des fonctions de rédaction en chef au sein du quotidien La Presse de Tunisie. Journaliste au Courrier de l’Atlas.