« Je ne suis pas une salope », le documentaire censuré par Canal+

 « Je ne suis pas une salope », le documentaire censuré par Canal+

La journaliste de Canal Plus Marie Portolano, en séance de travail avec Pierre Ménès, avant le début de l’émission télévisée “Canal Football Club” le 27 mars 2016 à Paris. FRANCK FIFE / AFP

Pierre Ménès dans la tourmente. Le journaliste sportif est accusé d’atteintes sexuelles par l’auteure du film « Je ne suis pas une salope, je suis une journaliste », diffusé hier. Plusieurs scènes ont été coupées.

 

Ces scènes évoquant Pierre Ménès ont mystérieusement disparu au montage. C’est ce que révèle ce lundi matin le site Les Jours. Hier, le 21 mars, a été diffusé sur Canal + le documentaire « Je ne suis pas une salope, je suis une journaliste » de Marie Portolano.

Il s’agit d’un film consacré au sexisme qui sévit dans le milieu du journalisme sportif, avec des témoignages de femmes journalistes qui racontent la façon dont elles se font insulter sur les réseaux sociaux et dont elles subissent cette forme de harcèlement jusque dans les rédactions. Ces faits, l’auteure en a fait les frais, notamment aux côtés de Pierre Ménès.

Face à la scène

Cela remonte au 28 août 2016 sur le plateau du Canal Football Club. Pierre Ménès​ aurait soulevé la jupe de Marie Portolano et lui aurait attrapé les fesses devant le public. Dans son documentaire, cette dernière souhaitait mettre le journaliste sportif face à cette scène. Et c’est ce qui aurait été coupé au montage par la chaîne donc. Entre autres, puisqu’une référence à une autre scène a aussi disparu des images. Il s’agit toujours de Pierre Ménès, qui s’en serait pris à une autre femme, Isabelle Moreau, en lui imposant de l’embrasser, toujours sur le plateau du Canal Football Club.

Parole des femmes respectée

L’une parle de sexisme, l’autre répond humour. L’argument est classique mais la question n’est pas seulement là : pourquoi les images de ce passage n’ont pas été autorisées par la chaîne ? Y a-t-il une volonté de protéger la figure emblématique du journalisme sportif que représente Pierre Ménès ?

Les réseaux sociaux ont donc naturellement pris le relais, suscitant une vague d’indignation en direction du chroniqueur de l’émission Canal Football Club. « L’essentiel, c’est la parole des femmes qui a été intégralement respectée par Canal+. S’il vous plaît ne l’oubliez pas », a tweeté Marie Portolano.

Chloé Juhel