« La dernière reine », un sublime portrait de la reine Zaphira en Algérie

 « La dernière reine », un sublime portrait de la reine Zaphira en Algérie

« La dernière reine », un film de Adila Bendimerad et Damien Ounouri, en salles en France, ce mercredi 19 avril 2023.

Il fallait oser. Avec peu de moyens financiers mais une immense envie, Adila Bendimerad et Damien Ounouri nous régalent avec « La dernière reine », un formidable récit historique, unique en son genre puisqu’il se situe au début du XVIe siècle à Alger, alors sous domination espagnole. Une époque assez méconnue alors que les productions algériennes ont toujours (trop ?) privilégié de raconter l’Algérie plus récente. Le film sort en France ce mercredi 19 avril.

L’histoire. En 1516, les Espagnols occupent Alger. Le pirate Arroudj Barberousse, interprété magistralement par un méconnaissable Dali Bensalah, est dépêché sur place pour libérer la ville. Dans son palais royal, la reine Zaphira incarnée par la sublime Adila Bendimerad, femme du roi Salim at-Toumi (Tahar Zaoui), profite de la vie en compagnie de ses amies. Ce qui ne l’empêche pas de réclamer ses droits d’épouse à son mari qui déserte trop souvent le lit conjugal, trop occupé par le destin de l’Algérie.

L’envahisseur espagnol vaincu, Barberousse noue un pacte avec le roi Salim, mais il nourrit en secret d’autres ambitions : « Je prendrai son palais, je chevaucherai son cheval et sa femme », annonce-t-il fièrement à ses corsaires. Le roi est alors mystérieusement assassiné dans son hammam, et Barberousse demande Zaphira en mariage. Mais cette dernière va montrer une force et une volonté que personne n’avait vu venir.

Avant d’être un film d’aventure qui vous tiendra en haleine du début à la fin, « La dernière reine » est avant tout un sublime portrait de la reine Zaphira, (dont on ne sait toujours pas si elle a existé !), femme forte et courageuse à une époque où l’homme contrôlait tout. Un film carrément féministe et moderne.

Une formidable épopée shakespearienne d’un peu moins de deux heures où la reine Zaphira va entrer en résistance pour honorer l’assassinat de son mari et protéger l’avenir de son fils.  A voir absolument.

>> A lire aussi : « One Night in Morocco » le 30 avril 2023 à l’Olympia

« La dernière reine », un sublime portrait de la reine Zaphira en Algérie

Avatar photo

Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.