L’Algérie demande à intégrer le groupe des BRICS

 L’Algérie demande à intégrer le groupe des BRICS

Abdelmadjid Tebboune / Vladimir Poutine. RYAD KRAMDI / AFP – Mikhail KLIMENTYEV / Sputnik / AFP

L’Algérie a confirmé avoir entamé des démarches pour intégrer le groupe des BRICS. Les « Brics » est un acronyme anglais pour désigner le groupe de cinq grandes puissances que sont le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud. Une démarche qui s’inscrit dans la logique des récentes prises de position algériennes vis-à-vis de plusieurs questions internationales.

Fin juillet dernier, le président Abdelmajid Tebboune avait évoqué la possibilité que l’Algérie adhère aux Brics. « Les Brics nous intéressent, car ils permettent de s’éloigner de l’attraction des deux pôles » a déclaré le chef d’État dans un entretien télévisé. « Ils constituent une force économique et politique », a-t-il ajouté. Il avait également participé fin juin par visioconférence au dernier sommet du groupe. Le président algérien y avait souligné l’importance de « l’instauration d’un nouvel ordre économique où régneront parité et équité entre pays ».

De la parole aux actes ; l’envoyée spéciale chargée des grands partenariats internationaux au ministère algérien des Affaires étrangères, Leila Zerrougui, a confirmé le dépôt officiel d’une demande d’adhésion à l’organisation. La diplomate souligne que « tant la Russie que la Chine se sont félicitées de l’adhésion de l’Algérie ».

 

Accueil favorable de la Chine et de la Russie

Alger est en effet un partenaire clé en Méditerranée et en Afrique pour la Chine et surtout la Russie. Les entreprises des deux pays font d’ailleurs de juteuses affaires dans le pays du Maghreb. La première a ainsi été le maitre d’œuvre du pharaonique chantier de l’autoroute Est-Ouest. Des entreprises chinoises sont également à la manœuvre dans un mégaprojet minier dans la région de Tebessa. La Russie est quant à elle de loin le premier fournisseur de l’armée algérienne. Moscou et Alger s’apprêteraient en outre à conclure des contrats d’armement pour plusieurs milliards de dollars.

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L’Afrique du Sud, l’Inde et le Brésil doivent encore donner leur aval et « étudient le dossier algérien avant de se prononcer. Il y a des discussions qui sont menées pour parler des conditions » a expliqué Leila Zerrougui. Mais, le gouvernement algérien est optimiste en ce qui concerne cette possible adhésion en raison de ses bonnes relations avec tous les pays membres.

Pour l’Algérie, l’enjeu est de rejoindre une organisation qui représente une « puissance économique et politique considérable ». Son adhésion « mettrait l’Algérie, pays pionnier du non-alignement, à l’abri des tiraillements entre les deux pôles », avait assuré M. Tebboune. Ensemble, les BRICS pèsent 45 % de la population de la planète et près du quart de sa richesse.

 

Les tensions est-ouest, une opportunité pour l’Algérie ?

Le chef d’État algérien a souligné que le pays « remplit la plupart des conditions requises pour y parvenir ». Reste néanmoins l’importante question du poids économique de l’Algérie. Parmi les conditions figure en effet le niveau de PIB des pays membres.

La Chine, poids lourd des Brics, est la 2e économie mondiale et talonne les États-Unis. L’Inde (6e), le Brésil (10e) et la Russie (11e) sont également des économies d’envergure mondiale avec des PIB dépassant les 1 800 Mds$, et même près de 3 300 Mds$ pour l’Inde. L’Afrique du Sud (34e mondial) fait presque figure de petit poucet avec ses 426 Mds$. Or, l’Algérie n’affiche que 194 Mds$ sur la balance, ce qui la place au 55e rang.

Mais, dans un contexte d’extrêmes tensions avec l’Europe et les États-Unis, la Russie et la Chine ont à plusieurs reprises exprimé l’idée de création puis d’expansion d’une alliance alternative à l’hégémonie occidentale.

Rached Cherif