Le procureur de la Cour pénale internationale demande un mandat d’arrêt contre Netanyahu

 Le procureur de la Cour pénale internationale demande un mandat d’arrêt contre Netanyahu

Le procureur de la Cour pénale internationale Karim Khan. Photo : Michael M. Santiago/Getty Images/AFP

Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a requis, lundi, des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, d’autres responsables israéliens et des dirigeants du Hamas pour des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité présumés commis dans la bande de Gaza.

 

Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Karim Khan, a déclaré dans un communiqué qu’il demandait des mandats d’arrêt contre Netanyahu et le ministre de la Défense israélien, Yoav Gallant. Parmi les crimes objet du mandat figurent « le fait d’affamer délibérément des civils », « homicide intentionnel » et « extermination et/ou meurtre ».

Lire aussi >> Crime de guerre à Gaza : Cinq pays demandent à la CPI d’ouvrir une enquête

« Nous affirmons que les crimes contre l’humanité visés dans les requêtes s’inscrivaient dans le prolongement d’une attaque généralisée et systématique dirigée contre la population civile palestinienne dans la poursuite de la politique d’une organisation. Selon nos constatations, certains de ces crimes continuent d’être commis », a précisé M. Khan en référence à Netanyahu et Gallant.

Le Hamas aussi mis en cause

Les accusations portées contre les dirigeants du Hamas, dont Yahya Sinwar, le chef du mouvement, comprennent « l’extermination », « le viol et d’autres formes de violence sexuelle » et « la prise d’otages en tant que crime de guerre ».

Lire aussi >> Omar Bendjelloun : « Israël regroupe les qualifications criminelles »

« Nous affirmons que les crimes contre l’humanité visés dans les requêtes s’inscrivaient dans le prolongement d’une attaque généralisée et systématique menée par le Hamas ainsi que d’autres groupes armés dans la poursuite de la politique d’une organisation », ajoute le communiqué. Mettant ainsi sur le même plan le gouvernement israélien et le Hamas.

Se placer en victime des institutions multilatérales

Réclamer des mandats contre « le Premier ministre et le ministre de la Défense de l’Etat d’Israël aux côtés des abominables monstres nazis du Hamas », des « assassins et violeurs du Hamas » qui « sont en train de commettre des crimes contre l’humanité contre nos frères et sœurs » est une « attaque frontale » et « une honte historique qui restera à jamais gravée dans les mémoires », estime le ministre dans un communiqué.

Une défense similaire à celle qu’a tenu son ministre des Affaires étrangères en mars face aux appels du secrétaire général de l’ONU à mettre fin au blocus et à permettre le passage de l’aide humanitaire. Israel Katz avait alors accusé le chef de l’ONU de permettre à l’organisation mondiale de devenir « antisémite et anti-israélienne ».

Difficile exécution d’un éventuel mandat d’arrêt

La Cour pénale internationale (CPI) de La Haye est une institution judiciaire indépendante entrée en fonction en 2002. Elle a pour mission de juger les individus accusés des crimes les plus graves menaçant la communauté internationale : génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre.

Si les juges de la CPI émettent des mandats d’arrêt contre Benjamin Netanyahu et les dirigeants du Hamas, les 124 États membres de la CPI seraient théoriquement tenus de les arrêter s’ils se rendent sur leur territoire. Toutefois, bien que cela puisse compliquer certains déplacements de Netanyahu, la CPI n’a pas de force de police pour exécuter ses mandats et dépend de la coopération volontaire des États membres.

Rached Cherif