Minéraux critiques : la stratégie marocaine s’affirme

La stratégie marocaine des minéraux critiques s’est illustrée lors du Forum de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), coprésidé par le Maroc et la Turquie, offrant au Royaume l’occasion de mettre en avant des atouts jugés indéniables.
La ministre de la Transition énergétique, Leila Benali, a détaillé les chantiers structurants en cours au Maroc, notamment le lancement prévu en 2026 d’un appel d’offres par la CADETAF. Elle a également évoqué la création, en avril 2026, d’un cadastre minier numérique, conçu comme une plateforme unifiée reliant données, ressources et cadre juridique.
Cet outil vise à assurer un suivi automatisé des territoires, à intégrer les données géologiques et à renforcer la sécurité juridique pour les investisseurs et les opérateurs.
Un potentiel minier encore largement sous-exploité
La ministre a précisé que la région de Tafilalet et Figuig exporte environ 800 000 tonnes de barytine par an, faisant du Maroc le deuxième exportateur mondial, alors que seulement 8 % de son potentiel est exploité. Elle a également rappelé que le continent africain détient près de 30 % des ressources minières mondiales et 19 % des minerais stratégiques nécessaires aux technologies bas carbone.
« L’Afrique ne souhaite pas être un simple réservoir de matières premières, mais un partenaire à part entière dans l’innovation, l’industrialisation et l’économie verte », a-t-elle souligné, évoquant les travaux engagés à Marrakech pour définir des normes africaines de certification.
Par ailleurs, la ministre a insisté sur le fait que, sur les trente prochaines années, les besoins mondiaux en minerais dépasseront l’ensemble des volumes extraits depuis les débuts de l’humanité, alors que les investissements actuels restent insuffisants.
>> A lire aussi : Ce que cache l’offensive chinoise sur le rail africain
Le Maroc, acteur clé des chaînes d’approvisionnement
Dans la course aux métaux rares, le sous-sol marocain apparaît particulièrement riche en phosphates, cobalt, cuivre, manganèse, zinc, plomb et argent, ainsi qu’en d’autres ressources indispensables aux industries de pointe.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio déclarait le 4 février à Washington que le Maroc s’impose désormais comme un acteur incontournable du marché mondial des minéraux critiques. Le Royaume devient ainsi un pilier stratégique de la sécurité et de la diversification des chaînes d’approvisionnement mondiales.
