Nakba : il y a 75 ans, 800 000 Palestiniens étaient chassés de leur terre par les milices sionistes

 Nakba : il y a 75 ans, 800 000 Palestiniens étaient chassés de leur terre par les milices sionistes

Cette photo prise le 7 mai 2023 montre la réfugiée palestinienne Ibtihaj Dawla tenant une photo d’elle et de son mari lorsqu’ils étaient jeunes, dans sa maison à Gaza. La Nakba, ou « catastrophe », est l’événement connu des Palestiniens, au cours duquel plus de 600 communautés ont été détruites ou dépeuplées par les forces juives. Le souvenir de la Nakba, qui est commémoré le 15 mai, est devenu un point de ralliement pour la quête palestinienne d’un État. MAJDI FATHI / NurPhoto / NurPhoto via AFP

Il y a 75 ans, le 15 mai 1948, en pleine guerre israélo-arabe et au lendemain de la proclamation de l’Etat d’Israël, 800 000 Palestiniens quittaient leurs maisons, leurs terres, poursuivis par les milices sionistes. Aujourd’hui, partout en Palestine, les gens commémorent la « Nakba ».

La Nakba, la Catastrophe pour les Palestiniens, c’est aussi la destruction entre 1947 et 1949, de plus de 500 villages palestiniens, dont le plus connu est Deir Yassine, situé à l’ouest de Jérusalem. Ses 250 habitants furent massacrés par les forces d’occupation israélienne.

Longtemps, la « Nakba » est niée par les autorités israéliennes et les Israéliens eux-mêmes. Pour Israël, les Palestiniens se sont enfuis parce qu’ils ont répondu à l’appel au départ des pays arabes.

Ce n’est que vers la fin des années 1970 que cette version est remise en cause par de « nouveaux historiens israéliens », comme Benny Morris, Tom Segev ou Avi Shlaïm. Ils ont alors enfin accès aux archives et ne trouvent aucun appel provenant des pays arabes.

Le 11 décembre 1948, les Nations unies votent une résolution, la 194, qui affirme « qu’il y a lieu de permettre aux réfugiés qui le désirent de rentrer dans leurs foyers le plus tôt possible et de vivre en paix avec leurs voisins et que des indemnités doivent être payées à titre de compensation pour les biens de ceux qui décident de ne pas rentrer dans leurs foyers ». 

Le 11 mai 1949, le gouvernement israélien endosse cette résolution lors de la conférence de Lausanne. Le lendemain, Israël est admis comme membre des Nations unies. Pourtant, 74 ans après la « Nakba », la résolution n’a jamais été respectée…

En 2007, Ehud Olmert, alors Premier ministre, affirmera même qu’Israël n’acceptera jamais le retour des réfugiés palestiniens. 75 ans après la Nakba, la perspective d’un retour des réfugiés s’éloigne donc de plus en plus et la situation aussi bien à Jérusalem que dans les territoires palestiniens occupés s’aggrave de jour en jour.

Aujourd’hui, la politique de nettoyage ethnique à Jérusalem-Est, la destruction de maisons dans la partie orientale de la ville sainte, les expulsions des familles palestiniennes pour les remplacer par des colons s’amplifient. Les agressions des colons sont protégées par l’armée israélienne. Les rassemblements du peuple palestinien pour leur résister sont violemment réprimés.

Et Gaza, sous blocus israélien depuis 2007, a fait face ces derniers jours à des raids israéliens sur son sol causant la mort à trente-quatre Palestiniens.

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.