Ouverture du procès de Tariq Ramadan pour viols

Henda Ayari, accompagnée de ses avocats français Sarah Mauger-Poliak et David-Olivier Kaminski, quitte la salle d’audience pendant une pause après le début du procès de Tariq Ramadan, accusé de viol en France, au Palais de justice de Paris, le 2 mars 2026. (Photo de Dimitar DILKOFF / AFP)
L’islamologue suisse comparaît pour des viols sur trois femmes en France entre 2009 et 2016. Le procès s’ouvre devant la cour criminelle départementale de Paris.
Le procès s’ouvre en l’absence de Tariq Ramadan. Il souffre d’une sclérose en plaques, il est hospitalisé à Genève. Ce rebondissement pourrait mener à un renvoi du procès à une date ultérieure, décision qui doit être prise par la cour une fois qu’elle aura entendu toutes les parties. Il doit comparaître jusqu’au 27 mars et encourt jusqu’à vingt ans de réclusion criminelle.
« Relations adultères »
Après plusieurs rebondissements procéduraux, la cour d’appel de Paris a ordonné en juin 2024 un procès contre Tariq Ramadan pour des viols sur trois femmes: un viol aggravé, avec violences et sur personne vulnérable, commis sur « Christelle » (prénom d’emprunt) à Lyon en octobre 2009; un autre viol qui aurait eu lieu en 2012 à Paris sur Henda Ayari, et qui a porté plainte en 2017; et un autre sur une troisième femme, remontant à 2016.
Initialement, les juges d’instruction chargés des investigations l’avaient aussi renvoyé en procès pour des viols sur une quatrième femme, Mounia Rabbouj. Mais l’islamologue avait saisi la cour d’appel, qui a finalement écarté le cas de cette dernière. L’intellectuel avait d’abord nié avoir eu des rapports sexuels avec ces femmes, puis admis l’existence de relations adultères, empreintes « de domination », un tournant majeur dans ce dossier.
Saisie de la CEDH
En Suisse, après avoir été acquitté en première instance, il a été condamné en appel en 2024 à trois ans de prison dont un an ferme pour le viol d’une femme dans la nuit du 28 au 29 octobre 2008 dans un hôtel à Genève. Il a annoncé saisir la Cour européenne des droits de l’homme et a par ailleurs déposé une demande en révision du procès, en cours de traitement selon la justice genevoise.
