Chokri Moussaoui : “Le Maroc est devenu notre 44ème pays partenaire”

 Chokri Moussaoui : “Le Maroc est devenu notre 44ème pays partenaire”

crédit photo : Jorrit Lansberg


Issu de la première génération d’immigrés marocains aux Pays-Bas, le patron d’Eternal Sun perpétue le lien entre les deux pays, avec l’expansion de son entreprise d’énergie solaire. 


Quel est votre parcours ?


Adolescent, j’ai été scolarisé dans une école internationale, puis je suis allé à l’université de technologie de Delft, aux Pays-Bas. Ensuite, j’ai étudié un an en Chine, dans le cadre d’un échange scolaire. Lors de mon cursus, je me suis également formé à la diplomatie afin d’être en mesure de combiner les ­différents ­savoir-faire technologiques avec une bonne gestion des rapports humains.


 


Vous êtes à la tête d’Eternal Sun, une grande compagnie spécialisée dans les technologies de simulation solaire. Lorsque vous étiez étudiant, quelles étaient vos ambitions ?


J’étais d’un tempérament entreprenant, mais je ne voulais pas avoir un business pour devenir quelqu’un de riche. J’ai consacré énormément de temps à mes études, en prenant soin d’explorer un maximum de choses, en me confrontant à d’autres méthodes, en Chine, puis aux Etats-Unis, puis en suivant différents programmes commerciaux. J’ai essayé de faire évoluer mes compétences au fil des années. C’était une démarche naturelle pour fonder, quelques années plus tard, ma propre entreprise. Et c’est en 2011, à la fin de mon cursus universitaire, que cela s’est réalisé.


 


Via cette entreprise, entretenez-vous des liens privilégiés avec le Maroc ?


Absolument. Quand je me suis lancé, je me suis ­demandé dans quelle branche industrielle je pourrais ­travailler sur le plan international, et plus spécifi­quement avec les Pays-Bas et le Maroc. Ce devait être quelque chose d’exigeant et d’“impactant” pour le monde. J’ai trouvé dans l’énergie solaire tous ces éléments. Le Maroc est le 44e pays avec lequel nous avons signé un partenariat. Cela a demandé beaucoup de ­patience, mais ça en valait la peine. Aujourd’hui, nous disposons de 750 machines à travers le monde, qui testent l’efficacité des panneaux solaires et des matériaux utilisés. Au Maroc, nous travaillons en lien avec l’Agence marocaine pour l’efficacité énergétique, basée à Marrakech. Un second projet avec l’Institut de recherche en énergie solaire et énergies nouvelles (Iresen) est aussi en cours. Nous allons installer nos machines sur 8 hectares de terrain appartenant à l’université ­Mohammed VI, à Casablanca, afin de les adapter aux conditions climatiques du pays.


 


Vous êtes un jeune patron (33 ans). Est-ce difficile de s’imposer dans ce secteur d’activité ?


Au début, oui. Les gens ne vous font pas forcément confiance. Mais ça dépend aussi des endroits. Dans certains pays, vous êtes immédiatement pris au sérieux ; dans d’autres, on vous laisse de côté. Aux Etats-Unis, le problème ne se pose même pas. Alors qu’en ­Europe, il y a plus de difficultés sur ce point. Mais nous avons ­démontré notre valeur en grandissant au fil des années. Et les personnes qui avaient des doutes au ­début ­finissent par changer d’opinion. Prouver notre qualité et séduire les clients potentiels réclame de la ­patience et de la ténacité. Il y a trois ans, nous avions réussi à convaincre une grande firme américaine de ­travailler avec nous. D’un coup, nous gagnons en crédibilité et ­devenons un acteur majeur dans l’industrie.


 


Quels sont vos désirs pour les années à venir ?


Mon ambition est d’avoir un impact sur la qualité des panneaux solaires. Nous restons encore jeunes, certes, mais nous avons réussi à construire une équipe très talentueuse, avec des développeurs très intelligents. Nous devons poursuivre notre croissance et étudier de nouvelles opportunités de marché. 

Najib Terzi