Coup de cœur. Gaza aux prix Bayeux des Correspondants de Guerre

De Gaza au Liban, en passant par l’Iran et l’Afghanistan, le 33e Prix Bayeux-Calvados-Normandie des correspondants de guerre met en lumière les conflits et le travail des journalistes qui les documentent.
Attention, certains contenus de cette exposition peuvent heurter la sensibilité du public. Avant de franchir la porte de la Galerie Medusa, place des Pommes à Bayeux, qui accueille la 33e édition du Prix Bayeux, le visiteur est prévenu. Les images qui l’attendent ne le laisseront pas de marbre. Cette année, l’affiche du festival elle-même est consacrée à l’enclave palestinienne et met à l’honneur un cliché de Saher Alghorra, photographe palestinien récompensé l’an dernier.
En bref
- L’exposition « Gaza : Chronique d’un génocide » présente le travail du photographe palestinien Ali Jadallah.
- Les photographies ont été réalisées entre le 8 octobre 2023 et aujourd’hui.
- Damir Sagolj assure le commissariat de cette exposition.
- L’Afghanistan et l’Iran figurent également parmi les territoires présentés à travers le regard des photographes.
- La 33e édition du Prix Bayeux Calvados-Normandie des correspondants de guerre se déroule jusqu’au 11 octobre.
Gaza : Chronique d’un génocide est un reportage réalisé entre le 8 octobre 2023 et aujourd’hui, puisque Ali Jadallah vit toujours à Gaza et subit toujours l’enfer qu’il donne à voir. Ses photos sont des pièces à conviction : elles montrent une réalité brutale, indéniable. La mort et les mutilations n’épargnent ni les femmes, ni les enfants, ni les personnes âgées. La faim aussi, qui se lit dans les yeux et sur les dos faméliques, décharnés. Des corps qui font inévitablement résonner les images avec celles d’autres tragédies de l’histoire et notamment la Shoah, alors qu’on avait dit : « plus jamais ça ».
Quelques semaines seulement après la polémique née à Deauville autour du retrait d’une photographie de Gaza d’une exposition, montrer ces images à Bayeux prend une résonance particulière. Ici, elles sont exposées sans détour, comme un témoignage que rien ne saurait effacer.
Pour Damir Sagolj, le curateur de l’exposition, ce reportage constitue « un document historique d’une valeur inestimable ». S’il ne devait rester qu’une seule chose après avoir vu ces images, ce serait peut-être celle-ci : plus personne ne pourra jamais dire « mais nous ne savions pas ».
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À Bayeux, Gaza n’est d’ailleurs pas le seul territoire où les images racontent ce que les mots peinent parfois à faire entendre. L’Afghanistan apparaît à travers le regard porté sur ces jeunes filles mariées trop tôt, prises au piège d’une vie qu’elles n’ont pas choisie. L’Iran, lui, donne à voir une autre jeunesse : la Gen Z qui, malgré la répression, continue de porter une forme d’espoir et de désir de liberté. Trois réalités et autant de façons de raconter l’oppression et la résistance mais surtout une même nécessité : montrer.
Ces trois projets ne sont qu’une partie de la programmation de cette 33e édition, qui inclut également des images en provenance du Soudan, du Liban ou encore d’Ukraine. Reste à savoir lequel saura convaincre le jury. Réponse lors de l’annonce du palmarès samedi soir.
Prix Bayeux Calvados-Normandie des correspondants de guerre, jusqu’au 11 octobre 2026
