Salah Hamouri : Détention prolongée pour l’avocat franco-palestinien

 Salah Hamouri : Détention prolongée pour l’avocat franco-palestinien

Salah Hamouri. Crédit photo: AHMAD GHARABLI / AFP

Malheureusement, Salah Hamouri, avocat franco-palestinien de 35 ans, ne pourra pas se rendre comme prévu à Paris ce 4 juillet. Arrêté par les autorités israéliennes ce mardi 30 juin dans un centre médical de Jérusalem (il était venu passer le test du Covid obligatoire pour tous les futurs passagers), un juge israélien a décidé ce mercredi 1er juillet de le maintenir en détention au moins jusqu’au 7 juillet, date à laquelle une nouvelle audience aura lieu.

Selon ses proches, aucun motif n’est avancé pour justifier sa détention. Toujours selon eux, le Consulat Général de France à Jérusalem n’a toujours pas eu l’autorisation de voir Salah Hamouri. 

L’acharnement continue donc. Depuis 15 ans maintenant, les autorités israéliennes tentent de briser cet homme, parce qu’il s’oppose à l’Occupation et la colonisation israélienne de la Palestine. Un engagement qui coûte cher à Salah Hamouri. 

Palestinien par son père, Français par sa mère, (Denise Hamouri est originaire de Bourg en Bresse), Salah Hamouri a grandi à Jérusalem. Il a été incarcéré à plusieurs reprises. En 2005,  à 19 ans, alors étudiant en sociologie à Bethléem, il est accusé à tort, soupçonné d’avoir projeté l’assassinat d’un rabbin. Sur la recommandation de son avocate, il plaide coupable, pour éviter une peine de 14 ans de prison. Il sera condamné à une peine de 7 ans. 

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Le dossier d’accusation est vide, selon Alain Juppé

À l’époque, Alain Juppé, ministre français des Affaires étrangères avait estimé que le dossier d’accusation était vide, reconnaissant que « les aveux faits à l’audience n’avaient été corroborés par aucun élément de preuve ». A sa sortie de prison, les déboires de Salah Hamouri ne se sont pas arrêtés pour autant. Deux arrêtés militaires émanant de l’armée israélienne sont pris contre lui en 2015, lui interdisant de se rendre dans les territoires occupés palestiniens.

Puis, en août 2017, il est de nouveau arrêté et placé en détention administrative. Les accusations portées contre lui sont restées confidentielles comme c’est généralement le cas pour les détentions administratives. Un régime, très critiqué par les défenseurs des droits de l’Homme et qui permet à Israël de priver de liberté des personnes pendant plusieurs mois renouvelables indéfiniment sans leur en notifier les raisons. Salah Hamouri restera plus d’un an en prison.

Le 20 mai dernier, les forces spéciales israéliennes avaient tenté de l’enlever en pleine journée. Une scène invraisemblable survenue à Ramallah, en territoire palestinien.

>>Lire aussi : Palestine – Tentative d’enlèvement de l’avocat Salah Hamouri

Depuis quelques années, Salah Hamouri navigue entre Jérusalem et la région parisienne où vit son épouse Elsa Lefort, interdit de séjour en Israël depuis janvier 2016, depuis son expulsion arbitraire alors qu’elle était enceinte. 

Un acharnement des autorités israéliennes contre notre compatriote rendu possible par l’inaction des gouvernements français qui se se sont succédés depuis 15 ans. 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.