Grève RATP : « Le taux de gréviste sera proche des 100% », Réda Benrerbia, syndicaliste

 Grève RATP : « Le taux de gréviste sera proche des 100% », Réda Benrerbia, syndicaliste

Réda Benrerbia


Réda Benrerbia est le secrétaire général du SAT-RATP (Syndicat autonome Traction). Pour protester contre la réforme des retraites, son syndicat appelle à la grève ce vendredi 13 septembre.  Il s’agit de la plus forte mobilisation à la RATP depuis la grève du 18 octobre 2007 contre la réforme des régimes spéciaux de retraite, sous la présidence de Nicolas Sarkozy.


LCDL : Pensez-vous que cette grève va être suivie parmi les employés de la RATP ?


Réda Benrerbia : Oui, ça va être énorme. Le taux de grévistes sera proche des 100% sur le métro et le RER, et plus de 70% pour le réseau des autobus. Cette grève sera aussi suivie par nos collègues de l’exploitation GPSR (NDLR : agents de sécurité), agents de station, de contrôle ainsi que par nos collègues de la maintenance.


Pourquoi votre syndicat a-t-il décidé de suivre ce mouvement de grève ?


Le SAT-RATP a décidé de suivre ce mouvement car la réforme des retraites que souhaite mettre en place le gouvernement est injuste, puisqu’elle va nous obliger à travailler plus longtemps pour gagner moins.


Que demandez-vous exactement ?


Nous voulons conserver notre calcul de retraite qui se fait aujourd’hui sur les six derniers mois de notre carrière. Nous souhaitons aussi que soient prises en compte, comme c’est le cas aujourd’hui, nos spécificités liées à notre mission de service public. Nous rappelons que nous assurons le transport de voyageurs, 365 jours sur 365, 24h/24….Nous travaillons également les jours fériés. Nos conditions de travail sont de plus en plus difficiles…


Cela fait un bout de temps qu'une telle grève n'a pas eu lieu. Comment l'expliquez-vous ?


Oui c’est vrai. La dernière grosse grève remonte à 2007, à la réforme des retraites voulue par Nicolas Sarkozy, alors président de la République. A l’époque, le gouvernement voulait augmenter la durée de cotisation et la passer de 37,5 à 40 ans…


Pour la grève de vendredi, on parle de journée noire mais depuis 2008, la RATP a l'obligation d'assurer un service minimum avec au moins 25% de métros, de bus et de RER. Est-ce que ce service minimum sera garanti vendredi ?


Non, ce vendredi, le service minimum ne sera pas assuré car aucun agent de conduite n’entend casser cette grève. La solidarité est totale, le sujet bien trop grave. Nous sommes tous concernés et mobilisés.


Quelle suite voulez-vous donner à ce mouvement si vous n'obtenez pas gain de cause ?


Si le gouvernement ne nous entend pas, alors nous préparerons avec les autres organisations une grève illimitée. Nous savons d’ores et déjà que ce mouvement de contestation va s’amplifier et que d’autres secteurs se mettront en grève, SNCF, hôpitaux, éducation, etc. Le risque que prend le gouvernement c’est de se retrouver face à une grève générale et illimitée. Tous les salariés, qu’ils soient du privé ou du public seront touchés par cette réforme, il n’y aura donc pas d’opposition entre nous. Le bras de fer est engagé.

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.