Somme : des «gilets jaunes» remettent aux gendarmes des migrants cachés dans un camion

 Somme : des «gilets jaunes» remettent aux gendarmes des migrants cachés dans un camion

MARTIN BERTRAND / HANS LUCAS


La honte et le dégoût. Alors qu'ils avaient mis en place un barrage filtrant à Flixecourt, dans la Somme, des «gilets jaunes» se sont rendus compte que des migrants étaient cachés dans un poids lourd. Ils les ont signalés aux gendarmes qui les en ont fait sortir.


Après l'agression homophobe survenue à Bourg-en-Bresse (Ain), celle raciste de Besançon (Doubs), et l'incident islamophobe de l'Aisne lors des manifestations du 17 novembre dernier, voilà que des «gilets jaunes» se prennent pour des policiers. 



Au petit matin du 20 novembre, les manifestants ont prêté main forte aux forces de l'ordre en repérant un groupe de personnes qui se cachaient dans la cuve d'un camion-citerne.



Le véhicule a été arrêté à un barrage filtrant dans la ville de Flixecourt, dans la Somme. «Les gars, y'a des migrants dans les cuves !», peut-on entendre dans une vidéo publiée sur Facebook.



Il s'agissait de six migrants, dont l'origine est inconnue, rapporte France 3 Hauts-de-France. Les gendarmes ont pris en charge les immigrés clandestins et les ont transportés à la gendarmerie. Une enquête a été ouverte afin de déterminer les circonstances de l'arrivée des six individus sur le territoire français.



Selon le Courrier picard, qui rapporte également l'information, deux des individus ont été libérés après contrôle de leur situation. Le cas des quatre autres est traité par la préfecture.



Depuis le début de la mobilisation nationale 17 novembre, les «gilets jaunes» de Flixecourt se relaient tous les jours aux deux barrages filtrants qu'ils ont mis en place. L'un se trouve à l’entrée de la commune, l’autre au carrefour de l’autoroute A16 et de la zone d’activités.

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.