Tunisie. La fille aînée de Ben Ali condamnée à Genève

 Tunisie. La fille aînée de Ben Ali condamnée à Genève

Nesrine Ben Ali

Il s’agit d’une affaire révélée par la presse suisse. La condamnation discrète de la tumultueuse Nesrine Ben Ali par le parquet genevois, mise en lumière par Le Courrier de Genève, fait réagir d’autant plus à Tunis qu’elle contraste avec la récente décision de la justice française de ne pas extrader la fille cadette de Ben Ali.  

L’information est passée relativement inaperçue jusqu’à sa révélation à la mi-avril par Le Courrier de Genève : la fille aînée de l’ancien président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali a récemment été condamnée par la justice genevoise. Selon les éléments rapportés, les faits remontent à l’été 2025, lors d’un incident est survenu dans une épicerie du centre de Genève. La prévenue aurait tenté de se soustraire au paiement de produits alimentaires, un bel euphémisme, avant qu’une altercation n’éclate avec le personnel de l’établissement.

L’affaire jugée par le Ministère public du canton de Genève révèle en réalité une série d’infractions commises au cours de l’été 2025 dans une épicerie du quartier des Grottes. L’ordonnance pénale, rendue le 18 mars 2026, concerne Nesrine Ben Ali, ressortissante seychelloise, née en 1987 et « sans domicile connu ». « Son patronyme est bien loin d’être inconnu. Il s’agit en effet de la fille aînée de l’ancien despote tunisien Zine el-Abidine Ben Ali, décédé en 2019 en exil. Le dictateur kleptocrate et sa famille n’étaient pas partis les mains vides. Durant ses années de règne, il avait amassé une fortune colossale, estimée à plusieurs milliards d’euros », s’étonne le journal.

Les faits concernant l’intéressée décrite comme agressive remontent respectivement aux 30 juillet et 3 août 2025. Selon l’ordonnance pénale, lors du premier incident, la prévenue a tenté de s’emparer du téléphone portable de la patronne de cette épicerie-dépanneur des Grottes. Quatre jours plus tard, une altercation plus grave éclate dans la même épicerie. Accusée d’avoir dérobé une marchandise, Nesrine Ben Ali se montre violente envers la propriétaire. Elle lui assène un coup de pied, la saisit brutalement, lui causant des ecchymoses et des griffures, l’insultant à plusieurs reprises.

La situation dégénère lorsque des clients Interviennent pour calmer la scène. L’un d’eux est également pris à partie et subit des coups. Dans la confusion, plusieurs produits sont renversés et détruits. Les images de vidéosurveillance ainsi que les témoignages recueillis ont permis d’établir les faits, malgré les dénégations partielles de la prévenue.

 

Séjour administrativement illégal et détention de stupéfiants

L’enquête a également révélé que Nesrine Ben All a séjourné illégalement en Suisse entre le 3 février 2025 et le 3 août 2025, date de son interpellation, « sans papiers valides ni moyens de subsistance, et consommait régulièrement des stupéfiants ». Ce n’est pas la première fois qu’elle est condamnée pour une absence d’autorisation de séjour. En septembre 2023, Gotham City, une revue en ligne spécialisée dans la criminalité financière, révélait que Nesrine Ben Ali avait séjourné sur le territoire helvétique durant plusieurs mois sans s’annoncer aux autorités. Ce qui lui avait donc déjà valu d’être condamnée par le Ministère public genevois.

A cette époque, la fille aînée de l’ex-président tunisien avait raconté disposer d’une importante fortune malgré des séquestres visant sa famille. Dans cette affaire des Grottes, la justice genevoise l’a condamnée à une peine de prison de soixante jours, assortie d’une amende à 30 francs suisses, après « déduction d’une journée correspondant à sa détention en garde à vue avant jugement ».

A cela s’ajoute une condamnation de 500 francs suisses pour infraction à la loi fédérale sur les stupéfiants. Le Ministère public a de plus prononcé une peine privative de liberté de substitution de cinq jours si l’amende n’est pas payée. La presque quadragénaire devra aussi régler les frais de la procédure, soit 560 francs.

Début 2026, Nesrine Ben Ali affichait son soutien à son second ex-mari, le sulfureux rappeur K2Rhym, dans un documentaire faisant la propagande de l’artiste connu pour ses tatouages ostentatoires et son charity business. L’homme affiche toujours des ambitions politiques présidentielles en Tunisie, quoique pas prises au sérieux par une grande partie des Tunisiens.