(video) Marwa Loud : « L’album My Life est plus personnel »

 (video) Marwa Loud : « L’album My Life est plus personnel »

crédit photo : Jalal Morchidi/Anadolu Agency 2018/AFP


Un premier album certifié double disque de platine, des millions de vues sur le web… 2018 a été riche en succès pour la chanteuse, qui a grandi à Strasbourg. Elle revient avec un deuxième opus plus personnel, “My Life”, et une tournée dans les Zenith de France.



 


On sait peu de chose de vous. Pouvez-vous nous dire qui est Marwa Loud ?


Je suis une Franco-Marocaine, née à Colmar (Haut-Rhin). Lorsque j’avais 7 ans, nous avons déménagé à Strasbourg. Mes parents viennent d’un village berbère près de Beni Mellal, au centre du Maroc. Si je devais résumer mon parcours, je dirais que c’est l’histoire d’une petite fille bonne élève à l’école, qui a travaillé dans la restauration et qui a décidé de tout plaquer pour se lancer dans sa passion : la musique.


 


Quand avez-vous commencé à chanter ?


Avant de savoir parler ! J’ai baigné dans une ambiance familiale où la musique était très présente. Mes oncles ont fait partie d’un groupe de musique dans le passé. Nous sommes tous un peu artistes dans la famille mais avec des goûts très éclectiques. Ma mère est experte en chansons arabes, une de mes sœurs en rap, une autre en variété, une autre encore en R’n’B. Tout cela m’a permis de me créer un univers diversifié dans lequel je puise mon inspiration.


 


Vous parlez de la musique comme d’un besoin vital…


Oui, cette envie a toujours été vivace en moi, mais je ne savais pas comment l’exprimer. Pendant des années, j’ai été très studieuse mais ma passion a fini par me rattraper. J’ai quitté le lycée en première littéraire et j’ai commencé à travailler dans la restauration. Je viens d’une famille de la classe moyenne modeste où l’on s’entraide. Avec l’argent que je gagnais, j’ai pu ­aider mes parents et me payer des séances en studio, des bandes démo, etc. Ça a duré un an jusqu’au succès de Temps perdu (sorti en 2017, ndlr).


 


Un tube pour un premier titre, c’est rare. Comment avez-vous travaillé ?


Au début de ma “carrière”, j’avais du mal à écrire, ça ne venait pas. Je manquais d’automatismes. Temps ­perdu a été le déclic. C’est le seul titre pour lequel j’ai composé les paroles avant la musique. Depuis, je n’ai plus de soucis pour écrire, c’est devenu automatique. J’ai toujours eu une passion pour les mots, j’adore en apprendre de nouveaux. Dès que j’en découvre un, je l’utilise à toutes les sauces.


 


Vous devez aussi votre succès aux réseaux sociaux. Comment devient-on célèbre grâce à YouTube ?


Ma démarche a été professionnelle depuis le début. Pour ma première chanson, j’ai décidé de réaliser un clip. YouTube m’a permis de toucher un large public et tout a commencé à partir de là.


 


Vous attendiez-vous à un tel accueil du public ?


J’ai été surprise. Ce fut soudain, presque magique. Plus on engrange de “vues”, plus on nous contacte. J’avais 20 ans et plein de décisions à prendre. Quand on est dedans, on manque de recul. Je commence à peine à comprendre ce qui m’est arrivé.


 


Après ce succès, avez-vous eu peur de la page blanche ?


Pas du tout. Dans la vie, je doute beaucoup, mais pour les chansons, je suis presque un peu trop confiante. Après Temps perdu, j’ai signé chez Purple Money, le ­label du rappeur Lartiste (auteur du tube Chocolat, ndlr). J’ai rencontré des beatmakers, je me suis enfermée en studio et l’album (Loud, ndlr) est sorti très vite.


 


De nouveau, sur une période de quelques mois, vous enchaînez les disques d’or et de platine. D’où vient votre inspiration ?


De la vie réelle, de ce que je vois, ce que j’entends… Tout dépend de mon humeur. Cela peut être quelque chose que je n’ai pas du tout vécu. Ou l’histoire d’une copine ou d’une sœur. Je suis quelqu’un de très timide et je n’aime pas parler de mon petit jardin secret. Avec ma famille, j’ai déjà beaucoup de pudeur, alors me ­livrer à la France entière, c’est encore plus compliqué. Dorénavant, j’arrive à m’exprimer sur ma vie, tout en restant évasive. Ce deuxième album, My life (lire l’encadré ci-dessus), est plus personnel, plus mature. Je me sens plus à l’aise pour me dévoiler.


 


Avez-vous des idoles dans le métier ?


La personne qui m’a donné envie de m’engager dans cette voie, c’est Diam’s. Quand je suis allée la voir en concert, j’ai compris qu’il était possible pour une femme de faire ce genre de musique. A son époque, elle était pionnière dans un monde très masculin. En plus, elle ne se la jouait pas bimbo. Elle était simple. On a peut-être plus de facilités à s’imposer aujour­d’hui, même si ça reste compliqué. 


 


UN ALBUM PLUS PERSONNEL : MY LIFE, de Marwa Loud, Purple Money/Because Music. Sortie le 14 juin.



Comme dans Loud, son précédent album, sorti en 2018, on retrouve des chansons festives qui cartonnent sur le web comme T’es où ? ou Oh la folle. L’ambiance est plus mélancolique avec des arrangements plus élaborés. L’album est aussi l’occasion pour Marwa Loud de se dévoiler un peu plus, notamment dans les morceaux Tell Me, Tu me connais ou Ils parlent de moi.


 



 


EN CONCERT


17 octobre : Centre évènementiel (Courbevoie). 2 novembre : Radiant Bellevue (Caluire-et-Cuire). 9 novembre : Zénith (Lille). 10 novembre : Zénith (Nantes). 12 novembre : Le Bikini (Ramonville). 17 novembre : Zenith (Paris).23 novembre : Zénith Strasbourg). 30 novembre : Parc des expos (Chalon-sur-Saône). 7 décembre : L’Arsenal (Toul). 11 décembre : Le Cepac Silo (Marseille). 13 décembre : Zinga Zinga (Béziers).


 

Yassir Guelzim

Yassir GUELZIM

Journaliste, auteur et réalisateur, Yassir Guelzim évolue depuis plus de vingt-cinq ans entre presse écrite, radio, télévision et documentaire. La constante de son parcours : décrypter les dynamiques politiques, les sociétés en mouvement et les fractures du monde contemporain.Collaborateur du courrier de l'atlas depuis 2017, il a également travaillé en tant que journaliste à LCI pendant près de quinze ans mais aussi France 3, RMC Moyen-Orient–RFI, France Inter et France Culture, couvrant notamment les élections marocaines de 2002 et de nombreux enjeux liés au monde arabe et à l’espace méditerranéen.Son travail s’est progressivement étendu à l’écriture et à la réalisation documentaire. Co-auteur et co-réalisateur de L’Archipel des Français Libres (France 5, 2021), il explore les mémoires maritimes et les trajectoires méconnues de l’histoire française. L’ouvrage tiré du film reçoit une mention du jury du Prix Étienne Taillemite en 2023. En 2024, il signe également La Prohibition Américaine, une aubaine française, diffusé sur France 5 dont un ouvrage aux éditions Mon Autre France sortira en octobre 2026.Fondateur de la société Mediterranean Press TV News Production, qu’il dirige pendant dix ans, il produit des reportages et documentaires diffusés sur Arte, France 24, Al Jazeera ou Sky News Arabic.Diplômé du département de Sciences Politiques de Paris La Sorbonne et de l'Université de sciences économiques de Montpellier I, Yassir Guelzim conjugue regard analytique, rapport économique et exigence narrative. Spécialisé sur l'économie, il peut aussi traiter de questions politiques, géopolitiques ou sociétales. Ses articles et interviews interrogent les rapports de pouvoir, les identités politiques et les mutations géopolitiques, avec une attention particulière portée sur le Maroc, l'Afrique, le Proche-Orient et les sociétés méditerranéennes.