Les auteurs de « Salafistes » dénoncent au tribunal l’interdiction faite aux mineurs de voir leur film

 Les auteurs de « Salafistes » dénoncent au tribunal l’interdiction faite aux mineurs de voir leur film

Les auteurs de « Salafistes »ont déposé deux requêtes auprès du Tribunal administratif de Paris contre la décision du ministère de la Culture d’interdire le film aux mineurs de moins de 18 ans.


 


Les auteurs du documentaire controversé sur l’islam radical, Salafistes, ont réclamé ce mercredi 17 février, devant la justice française, l’annulation de l’interdiction du film aux mineurs, une décision du ministère de la Culture qu’ils jugent « scandaleuse ».


 


« Empêcher le film d’être vu par ceux à qui il est justement destiné, les lycéens, les collégiens, est une chose scandaleuse », a lancé François Margolin, co-réalisateur du film, devant le juge des référés du tribunal administratif de Paris.



La société de production qu’il dirige, Margo Cinéma, éditrice de Salafistes, demande en référé (procédure d’urgence), la suspension de l’interdiction du film aux moins de 18 ans. Une seconde procédure au fond réclame, elle, l’annulation pure et simple de cette décision prise le 27 janvier par Fleur Pellerin, alors ministre de la Culture, en raison de « l’extrême violence » de certaines scènes du film diffusées sans commentaires. Le tribunal doit rendre sa décision ce jeudi.



« C’est un film d’information, le travail que nous avons fait, au péril de notre vie, est un travail citoyen », a déclaré François Margolin qui était accompagné à l’audience par le co-réalisateur du film, le journaliste mauritanien Lemine Ould Salem. « La violence qu’on a filmée, c’est la violence du monde », a ajouté le cinéaste qui s’est dit « scandalisé qu’on fasse de cette œuvre, un film de propagande. »



Auparavant, l’avocat des auteurs, Me Ivan Terel, avait contesté la légalité de la décision ministérielle, la qualifiant de « disproportionnée » et d’« illégitime ». « C’est une atteinte intolérable à la liberté d’expression et d’information », a-t-il plaidé.



Pour le défenseur du ministère, Me Jacques Molinié, il y a en revanche « urgence à ne pas suspendre la décision d’interdiction car la diffusion de ce film constitue un risque pour les mineurs les plus fragiles. » « Le film n’est accompagné d’aucun commentaire qui permettrait de replacer les propos tenus dans leur contexte », a-t-il souligné.



Tourné au Mali, en Irak, Algérie, Tunisie et Mauritanie, « Salafistes », qui entend montrer les jihadistes « tels qu’ils sont », selon ses auteurs, donne la parole à des responsables d’Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) et à des autorités religieuses salafistes.



Il est entrecoupé d’images de propagande et de vidéos jihadistes, sans voix off, ni commentaires et montre de façon très crue l’application de la charia au quotidien. Rappelons, pour finir, qu'il est extrêmement rare que l’interdiction aux moins de 18 ans, réservée habituellement aux films jugés trop violents ou trop pornographiques, touche un documentaire.


 


Nadir Dendoune


Avec AFP

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.