Mushin Ahmed, 81 ans, agressé il y a dix jours sur le chemin de la mosquée, vient de décéder

 Mushin Ahmed, 81 ans, agressé il y a dix jours sur le chemin de la mosquée, vient de décéder

Photo d’illustration. SÉBASTIEN BOZON / AFP


 


Transporté à l’hôpital d’urgence, Mushin Ahmed, 81 ans, arrivé à Rotherham, une ville moyenne du nord est de l’Angleterre au début des années 50, est décédé onze jours après l’horrible attaque dont il a été victime. 


 


Le 10 août dernier, alors qu’il se rend à la mosquée pour la première prière du matin, le « Fajr », (vers 5h25), une bande de jeunes l’agresse sauvagement. Comme le relève la presse britannique, la police préfère « rester prudente », même si elle n’écarte pas « les motivations racistes autour de cette affaire ».


Une autopsie est en cours pour établir la cause exacte de sa mort. « C’est avec une grande tristesse que nous confirmons le décès de M. Ahmed et nos plus sincères condoléances vont à sa famille et à ses amis. Il était un membre très aimé et respecté de sa communauté », a déclaré l’inspecteur en chef Chris Singleton.


Pour certains proches de la victime, Mushin Ahmed, aurait peut-être été agressé parce qu’il était musulman. « Des habitants nous ont reproché à plusieurs reprises notre tenue vestimentaire. Mushin porte toujours une djellaba et un kufi sur la tête », explique Mohammed Rashid, un ami du défunt.


Son fils Yoseff Ahmed, 40 ans, a qualifié cette attaque de « répugnante ». « Nous pensions qu’après toutes ces années de présence ici, mon père pouvait se rendre à la mosquée sans se faire agresser, mais malheureusement, pour certains citoyens, la sécurité n’est pas garantie », s’est plaint Yoseff. « Si cela s'avérait avoir une motivation raciste, loin de nous l'idée de faire des généralités : nous devons juste nous rappeler qu'il s'agit de criminels de la plus basse espèce », a continué son fils.


La mort de Mushin Ahmed a lieu dans un contexte important de tensions raciales. Certains habitants de Rotherham reprochent à la police et à la municipalité d’avoir minimisé une affaire mettant en cause de jeunes garçons d'origine asiatique faisant partie d’un gang et qui aurait agressé des jeunes filles blanches. Une affaire instrumentalisée par des groupes d’extrême droite qui ont organisé plusieurs manifestations pour tenter de raviver les tensions inter-ethniques.


Deux hommes ont été inculpés dans le cadre de cette affaire. Damien Hunt, 29 ans, et Kieran John Rice, 21 ans. Ils ont été placés en détention provisoire et comparaîtront devant la justice britannique ce vendredi 28 Août. Deux autres hommes, âgés respectivement de 29 et 24 ans, ont été arrêtés plus tôt cette semaine, puis libérés sous caution en attente d'autres  éléments.


 


Nadir Dendoune
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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.