Bernard Montiel menacé de mort après son soutien à Karim Benzema

 Bernard Montiel menacé de mort après son soutien à Karim Benzema

Le chroniqueur de l’émission « Touche pas à mon poste » de Cyril Hanouna menacé de mort. LECOEUVRE PHOTOTHEQUE / AFP

Vive l’Algérie, vive Karim Benzema, vive l’Equipe de France et vive Bernard Montiel ! Pour avoir répondu « Vive l’Algérie » lors d’un débat, Bernard Montiel, chroniqueur de Touche pas à mon poste (TPMP), l’émission de Cyril Hanouna, a révélé jeudi 20 mai avoir été menacé de mort sur les réseaux sociaux. Il a porté plainte.

 

Le retour de Karim Benzema en Équipe de France de Football à l’occasion de l’Euro 2020, annoncé par Didier Deschamps ce mardi 18 mai, n’a pas fait que des heureux. Cette réintégration dans la sélection nationale après cinq ans de mise à l’écart a mis en colère tous les extrémistes de ce pays.

Ces derniers considèrent que le joueur franco-algérien n’a pas sa place chez les Bleus parce qu’il « ne chante pas la Marseillaise avant les matchs ».

Face à ces attaques, KB9 a pu compter sur un formidable soutien populaire et aussi de quelques personnalités. Ce mercredi 19 mai, lors d’un débat sur le sujet dans Touche pas à mon poste, Bernard Montiel a pris la défense du footballeur, avant de lancer : « Vive l’Algérie ».

Des propos en rien polémiques mais qui ont révolté certains débiles qui sévissent lâchement sur la toile, jusqu’à proférer des menaces de mort à l’encontre du chroniqueur. Pitoyable.

« L’impunité, c’est fini ! »

Le visage grave et fatigué, Bernard Montiel a raconté avoir reçu de nombreux messages de haine depuis la veille, mais aussi des menaces de mort à cause de sa phrase sur l’Algérie.

« Il y a eu des messages extrêmement violents. (…) D’abord on veut me décapiter « comme un certain professeur de français », a-t-il déclaré en montrant ensuite le message en question à Cyril Hanouna et son équipe.

« Choqué » et « déçu » de tels comportements, il avoue cependant ne pas avoir peur. Pourtant, les policiers lui ont tout de même conseillé de prendre ces menaces très au sérieux.

Ce dernier a alors transmis ces menaces à la cellule Pharos, plateforme qui permet de signaler les comportements illicites sur internet : « J’ai porté plainte. J’ai appelé le ministère de l’Intérieur, le groupe Pharos qui va s’en occuper. On va trouver qui c’est. Déjà, il y a une piste, ça a été même facile à trouver. Ces gens-là, qui insultent gratuitement sous couvert d’anonymat, il faut qu’ils sachent quand même que l’impunité, c’est fini. Le sentiment d’impunité pour les auteurs, c’est fini. Maintenant, on retrouve les gens très facilement, et je crois qu’on a même déjà retrouvé cette personne d’après le petit coup de fil que j’ai eu tout à l’heure. Évidemment que je porte plainte, je ne vais pas laisser passer ça. C’est inadmissible. Mais je ne le fais pas que pour ma petite personne. C’est tous les jours que des gens se font insulter, menacer de mort. C’est intolérable. Ça suffit ! »

Vive l’Algérie, vive Karim Benzema, vive l’Equipe de France et vive Bernard Montiel !

 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.