Le Conseil d’Etat suspend la dissolution du « Collectif Palestine Vaincra »

 Le Conseil d’Etat suspend la dissolution du « Collectif Palestine Vaincra »

Rassemblement contre la dissolution du Collectif Palestine vaincra et du comité Action Palestine, organisé par la campagne pour la liberation de Georges Ibrahim Abdallah, à la sortie du métro Ménilmontant, à Paris, le 18/03/2022. Xose Bouzas / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

C’est une première victoire pour le « Collectif Palestine Vaincra ». Dans un communiqué, l’association toulousaine s’est félicitée, ce vendredi 29 avril, de la décision du Conseil d’Etat qui a suspendu le décret ministériel du 9 mars dernier qui avait permis de dissoudre le collectif.

Le gouvernement français reprochait à l’association d’« appeler à la haine, à la violence et à la discrimination ». Et notamment au manque de modération des débats sur ses sites, faisant apparaître, selon le décret, des « commentaires antisémites » : « Terroristes sionistes nazis impunis », « les colons juifs se prennent pour la Gestapo », « ce sera à notre tour de les crever ces chiens ».

Le Collectif Palestine Vaincra a rappelé que tous ces commentaires épinglés dans le décret avait été supprimés.

Dans son ordonnance du 29 avril, le Conseil d’État qui s’était réuni mardi, estime que le décret « n’est ni nécessaire ni adapté et porte une atteinte disproportionnée à la liberté d’expression et à la liberté d’association », étant donné que le Collectif Palestine Vaincra « ne provoque ni ne contribue à la discrimination, à la haine ou à la violence, que ses prises de position vis-à-vis d’Israël et du sionisme ne présentent pas un caractère antisémite, qu’il a toujours condamné l’antisémitisme, que la campagne de boycott des produits israéliens constitue une modalité légitime d’expression d’opinions protestataires (…) ».

« Alors que le président de le République, Emmanuel Macron, affirmait éhontément il y a quelques temps à Toulouse que le Collectif Palestine Vaincra était un « collectif antisémite », cette décision est un véritable camouflet contre le pouvoir et bat en brèche la propagande de l’extrême droite sioniste et ses amalgames entre antisionisme et antisémitisme », rappelle les membres du collectif.

Le Collectif Palestine Vaincra s’est toujours défendu d’être antisémite. En 2021, l’association avait d’ailleurs participé à un hommage rendu par des formations de gauche toulousaines aux victimes de Mohammed Merah, tuées en 2012 devant l’école juive Ozar Hatorah de la Ville rose.

L’association espère obtenir une annulation totale du décret.

 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.