L’Afrique au cœur de la nouvelle doctrine de l’aide française au développement

 L’Afrique au cœur de la nouvelle doctrine de l’aide française au développement

La réforme de l’aide française au développement prévoit une hausse des crédits et un recentrage sur l’Afrique. Rached CHERIF/LCDA

L’Assemblée nationale a largement adopté en première lecture la réforme de l’aide au développement française. Le texte prévoit une hausse des crédits et un recentrage sur les pays africains et Haïti. Il met également l’accent sur les dons plutôt que les prêts, pour se distinguer du modèle chinois.

La réforme soumise aux parlementaires concrétise l’engagement d’Emmanuel Macron de porter l’aide publique au développement (APD) à 0,55 % du revenu national brut (RNB) à la fin du quinquennat en 2022, contre 0,37 % à son arrivée à l’Élysée. Elle réaffirme également les « priorités sectorielles » de l’APD française. : lutte contre la pauvreté, santé, climat, éducation et égalité femmes-hommes. Le projet recentre également l’effort sur 19 pays prioritaires. Il s’agit de dix-huit pays d’Afrique subsaharienne et d’Haïti.

À lire aussi : L’AFD et la CDC s’allient pour investir 500 M€ dans les infrastructures africaines

L’APD française a atteint 12,8 milliards en 2020 et poursuivra sa hausse cette année. Les députés ont inscrit dans la loi que la France « s’efforcera » en « 2025 » de consacrer « 0,7 % de son revenu national brut » à l’APD. Il s’agit d’un seuil réclamé par la communauté internationale depuis les années 70. Maintes fois répété par la France, cet objectif de 0,7 % est un vieux totem de l’aide au développement. Mais cette fois, « nous fixons une date », avec un « taux d’effort » et « nous nous donnons les moyens d’y aboutir », fait valoir le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian.

 

Privilégier les dons aux prêts

Si la France respectait cette trajectoire, elle irait au-delà des engagements des États membres de l’UE, qui visent l’échéance de 2030. Mais, certains pays comme le Luxembourg ou les pays scandinaves – les meilleurs élèves de l’APD – dépassent déjà l’objectif.

Autre ajout lors des débats dans l’hémicycle, l’Assemblée a voté en faveur d’un mécanisme visant à « restituer » aux « populations », sous forme de projets de développement, les avoirs confisqués par la justice française dans les affaires dites de « biens mal acquis » de dirigeants étrangers, notamment africains.

Enfin, la philosophie générale de cette réforme de l’APD est de privilégier les dons aux prêts, afin d’éviter de rendre plus vulnérables des pays déjà endettés. La France entend se distinguer de la Chine. Pékin est régulièrement taxée de financer par des prêts pour de grands projets d’infrastructures africains, pour mieux convoiter les ressources naturelles locales.

Rached Cherif