Paris/Saint-Jacques-de-Compostelle à pied et sans argent, le défi fou de Marko Vesic

 Paris/Saint-Jacques-de-Compostelle à pied et sans argent, le défi fou de Marko Vesic

Marko Vesic a entamé son voyage, ce mardi 6 juin 2023, depuis la Tour Saint-Jacques à Paris, vers Saint-Jacques-de-Compostelle en Espagne. Photo : DR

Même si elle est très fière de son fils, sa mère Kaméra, originaire de Kherrata en Algérie, est très inquiète. Lui non. Marko Vesic, jeune homme de 18 ans au caractère bien trempé est parti déterminé ce mardi 6 juin, de la Tour Saint-Jacques à Paris, avec un objectif clair : rejoindre en moins de deux mois, à pied et sans argent Saint-Jacques-de-Compostelle en Espagne, soit un trajet long de 1 500 kilomètres.

Marko Vesic devant la Tour Saint-Jacques à Paris, point de départ de son voyage à pied vers Saint-Jacques de Compostelle en Espagne, mardi 6 juin 2023. Photo : DR

Dans les années 1980, seuls 500 pèlerins par an, portés par des motivations religieuses, rejoignaient à pied, la fameuse ville de Galice. Il s’agissait alors d’un pèlerinage catholique où le but final était d’honorer le tombeau de Saint-Jacques le Majeur, situé dans la crypte de la cathédrale de Santiago de Compostela. Désormais, ils sont quelque 350 000 chaque année à s’aventurer sur le chemin mythique de Saint-Jacques-de-Compostelle.

Pour l’immense majorité, comme pour Marko, c’est d’abord un moyen de vivre une formidable aventure. « Depuis toujours, j’ai envie de sortir de ma zone de confort », confie au Courrier de l’Atlas cet étudiant en géographie à la Sorbonne, pour qui ce périple est le premier gros voyage de sa vie.

C’est une vidéo postée sur YouTube par un jeune homme de 18 ans qui a définitivement convaincu Marko de partir. « J’avoue qu’avant je pensais que je n’en étais pas capable mais quand j’ai vu ce gars du même âge que moi, sans expérience de la marche, réussir un tel exploit, ça m’a boosté », concède ce dernier.

Pour rejoindre Saint-Jean-Pied-de-Port, commune frontalière des Pyrénées-Atlantiques avec l’Espagne, située à près de 1 000 kilomètres de Paris, Marko Vesic traversera notamment les villes de Tours, Poitiers et Bordeaux. Il a prévu d’éviter au maximum les grands axes routiers et privilégier les sentiers de randonnée, les chemins forestiers et les petites routes de campagne.

Dans son sac d’à peine dix kilos, Marko a entassé une tente, un sac de couchage, « 2 tee-shirts, 3 caleçons et 3 paires de chaussettes », détaille fièrement Marko. Dans ses bagages, en plus de son téléphone, il y a également une GoPro : « Je vais poster tous les jours une vidéo sur Instagram. Déjà pour partager ce voyage avec le plus grand nombre mais aussi pour me faire connaître », explique l’aventurier.

Comme le jeune randonneur part avec zéro euro en poche et sans carte bleue, il mise surtout sur la générosité des autres. « On passe son temps à lire et à entendre que les gens sont égoïstes, mais moi je n’y crois pas. Je suis sûr que je vais être accueilli en grande pompe tout au long de mon voyage », conclut Marko. C’est le tout mal qu’on lui souhaite…

Pour suivre son voyage :

Insta: markoo_vesic

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.