Il y a 61 ans, l’Algérie proclamait son indépendance

 Il y a 61 ans, l’Algérie proclamait son indépendance

Le 5 juillet à Alger – AFP

Il y a 61 ans, le 5 juillet 1962, l’Algérie accédait enfin à son indépendance. Au terme d’une guerre très violente de presque huit ans, où selon les sources les chiffres varient, entre 250 000 et 500 000 Algériens, 4 000 pieds-noirs, 30 000 soldats français, entre 15 000 et 30 000 harkis auraient trouvé la mort.

Un bilan humain très lourd, une histoire encore mal digérée des deux côtés de la Méditerranée. Une guerre civile mais aussi d’indépendance qui a laissé de profondes séquelles au sein des populations concernées de part et d’autre. Le 5 juillet 1962, l’Algérie se libérait surtout de cent trente-deux ans d’occupation coloniale.

En ce 5 juillet 1962, l’Algérie fête donc, dans la frénésie, l’indépendance que doit proclamer le soir même le général de Gaulle, alors président de la République française. Une date symbolique, cent trente-deux ans, jour pour jour, après la prise d’Alger par les Français, survenue le 5 juillet 1830. Hommes, femmes et enfants défilent dans les rues, au cri de « Vive l’Algérie indépendante », vêtus de leurs habits de fête, et brandissant des drapeaux du Front de libération nationale (FLN).

La guerre d’Algérie commence officiellement le 1er novembre 1954. Le front de libération nationale (FLN), avec à sa tête Ahmed Ben Bella organise une série d’attentats qui font 8 morts. Le gouvernement français réagit en envoyant plusieurs garnisons de militaires et installe des mesures répressives en Algérie.

Début 1957, l’armée française est massivement engagée dans la guerre. Lors de la bataille d’Alger, elle n’hésite pas à recourir à la torture pour mettre les réseaux du FLN hors d’état de nuire. En France, la crise ministérielle s’ajoute à la situation insurrectionnelle qui règne à Alger et provoque le retour du général de Gaulle au pouvoir. Ambigu sur la question algérienne, ce dernier ouvre pourtant la voie en septembre 1959 un processus d’autodétermination formalisé par un référendum le 8 janvier 1961. Le 20 mai de la même année, les pourparlers s’ouvrent à Évian avec le FLN.

Un référendum est organisé en Algérie le 1er juillet 1962. Le 3 juillet, le « oui » à l’indépendance l’emporte à plus de 99 %. Deux jours plus tard, le 5 juillet 1962, l’indépendance est proclamée.

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.