Accumulation de discriminations pour les jeunes d’origine étrangère

(Photo : Thibaud MORITZ / AFP)
Un rapport la Défenseure des droits alors sur la « surexposition » à la « ségrégation » de ces jeunes. Elle appelle à faire du sujet une « priorité politique ».
Environ un quart des jeunes immigrés, descendants d’immigrés ou nés en outre-mer font état d’une discrimination liée à la couleur de peau, aux origines ou à la nationalité au cours des cinq dernières années. C’est ce que souligne le rapport, qui s’appuie sur une étude de l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire. Au lycée puis à l’université, lors de la recherche d’un stage, d’un emploi ou d’un appartement, mais aussi pour l’accès aux soins ou au cours des contrôles policiers, les jeunes d’origine étrangère ou perçus comme tels sont confrontés à un « cumul de discriminations », liste la Défenseure des droits Claire Hédon.
Formation sur les préjugés raciaux
« Cet effet boule de neige est délétère et a des conséquences sur la trajectoire de ces personnes, leur confiance dans la société et les institutions », souligne-t-elle, estimant que le sujet « n’est pas suffisamment une priorité politique ». A l’école les inégalités de traitement sont « souvent inconscientes » et pour partie « systémiques », estime le rapport. Cela s’illustre par le manque de mixité sociale dans certains établissements, les choix d’orientation, les propos stigmatisants ou les violences physiques directement liés à leurs origines, relève le document. Pour y remédier, la Défenseure des droits recommande de « rendre obligatoires » les formations traitant les « préjugés raciaux » pour les enseignants et les personnels et appelle à réévaluer les modalités d’affectation en lycée.
Discriminés ces cinq dernières années
Côté logement, le rapport dénonce le rejet de la part des loueurs des dossiers des personnes perçues comme étrangères ou résidant dans des quartiers prioritaires. Concernant l’insertion professionnelle, le rapport rappelle que selon le dernier Baromètre sur la perception des discriminations dans l’emploi publié en décembre dernier, 41% des jeunes perçus comme noirs, arabes ou maghrébins déclarent avoir été discriminés dans la recherche d’emploi au cours des cinq dernières années, ainsi que 33% dans le déroulé de carrière, contre respectivement 18% et 27% des jeunes perçus comme blancs.
