Salah Hamouri : une pétition pour répondre à la diffamation israélienne

Salah Hamouri, avocat franco-palestinien, s’exprime lors d’un rassemblement place Stalingrad à Paris le 6 mai 2025, organisé contre la décision du ministère de l’Intérieur de dissoudre les groupes « Jeune Garde » et « Urgence Palestine ». Photo : Geoffroy Van der Hasselt / AFP.
Après un communiqué du Shin Bet (service de renseignement et de sécurité intérieure israélien) l’accusant de « terrorisme », des personnalités politiques, syndicales et intellectuelles françaises ont lancé un appel collectif à la protection de l’avocat franco-palestinien. Un texte qui retrace vingt ans d’acharnement d’État.
La scène se répète, et c’est justement ce qui alarme les signataires. Le 25 mai 2026, les services de renseignement israéliens publient un communiqué : Salah Hamouri, avocat franco-palestinien réfugié en France depuis sa déportation en 2022, serait le chef d’un réseau terroriste opérant depuis Paris.
Quarante-huit heures plus tard, une tribune collective réunissant des dizaines de personnalités — parlementaires, syndicalistes, intellectuels — répond point par point à ces accusations et appelle les autorités françaises à protéger l’un de leurs citoyens.
Le texte, dont Jean-Luc Mélenchon, Annie Ernaux, Sophie Binet ou encore Rima Hassan comptent parmi les premiers signataires, ne se contente pas de démentir.
Il accuse : cette attaque serait une opération politique délibérée, coordonnée avec les réseaux d’extrême droite et calibrée pour nuire à un moment précis, à la veille d’échéances électorales françaises et alors que Hamouri coordonne des procédures juridiques actives devant les juridictions européennes contre des responsables israéliens.
Pour comprendre pourquoi cette pétition suscite un écho aussi rapide, il faut remonter le fil.
Salah Hamouri est blessé par balle à 15 ans. Arrêté à 16 ans, il subit soixante jours d’interrogatoire sous torture sans que sa famille soit informée.
S’ensuivent six arrestations et dix années de détention au total — dont la grande majorité en détention administrative, sans charge ni jugement — dans un système que la tribune compare explicitement aux 98 % de condamnations prononcées par les tribunaux militaires d’occupation.
À sa libération, il devient avocat. Sa femme enceinte est expulsée pour le forcer à quitter Jérusalem. Il reste.
En décembre 2022, sa carte de résident révoquée, il est renvoyé de force en France, une expulsion que plusieurs rapporteurs spéciaux de l’ONU ont qualifiée de crime de guerre.
En exil, des préfets français ont interdit sa présence dans l’espace public. La surveillance continue.
Le texte s’attaque frontalement à la chronologie du communiqué du Shin Bet.
Le calendrier, écrivent les signataires, « n’est pas anodin » : les accusations tombent au moment où Hamouri coordonne des plaintes en France contre de hauts responsables israéliens pour torture, déportation et persécution, et alors qu’il soutient des procédures devant les juridictions européennes.
L’objectif : « discréditer les organisations, intimider les militants, couper Salah de ses soutiens ».
Les auteurs adressent trois demandes :
- que la France protège et défende publiquement son citoyen ;
- que la citoyenneté française cesse d’être « une protection à géométrie variable » ;
- et que le Parlement européen, le Conseil de l’Europe et les instances onusiennes mettent en place des sanctions ciblées contre le régime israélien et ses responsables.
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