Excuses d’Ali Abdi, rumeurs Jalel Kadri… 5 faits à retenir sur les Aigles post-Mondial

Quelques jours après la débâcle historique de la Tunisie à la Coupe du monde, le tragique feuilleton des Aigles de Carthage se poursuit en dehors des terrains.
Entre les excuses publiques tardives de l’ancien capitaine Ali Abdi, les spéculations autour du prochain sélectionneur, les critiques visant la Fédération tunisienne de football (FTF) et une nouvelle polémique impliquant Hannibal Mejbri, le football tunisien peine décidément à sortir de la crise. Tour d’horizon des principaux dossiers qui alimentent l’actualité de la sélection nationale.
Le mea culpa d’Ali Abdi et la polémique Hannibal
Très critiqué après avoir imputé, suite à la défaite contre le Japon, l’échec du Mondial à la politique de rajeunissement de l’effectif, le latéral gauche Ali Abdi a finalement adopté samedi 11 juillet un ton bien plus humble et mesuré. Dans un long message publié sur les réseaux sociaux, l’ancien capitaine explique avoir volontairement différé ses excuses afin de surmonter la douleur de l’élimination, et se défend contre tout procès en patriotisme.
« J’ai choisi de reporter mes excuses au peuple tunisien après la déception de la Coupe du monde, non pas pour laisser retomber les tensions, mais parce que j’avais d’abord besoin de dépasser la douleur causée par cet échec. Je vous présente mes excuses parce que nous n’avons pas été à la hauteur de vos attentes, parce que nous n’avons pas réussi à vous apporter la joie que nous rêvions, nous aussi, de vous offrir. Je présente également mes excuses à tous ceux qui ont parcouru des milliers de kilomètres pour nous soutenir avant de repartir avec l’amertume de la déception.
Les causes de cet échec sont nombreuses et chacun d’entre nous en assume sa part de responsabilité : les joueurs, le staff technique et tous ceux qui ont participé à cette aventure. Mais il ne faut pas oublier que notre qualification pour la Coupe du monde n’était pas un cadeau : elle est le fruit de plusieurs années de travail, de sacrifices et d’efforts. Cet échec n’efface ni ce qui a été accompli ni notre sincère attachement à la Tunisie. Porter le maillot national reste le rêve de tout footballeur tunisien et un honneur que personne ne peut remettre en cause.
Aujourd’hui, cette déception doit devenir un nouveau point de départ. Ne perdez pas confiance en votre sélection. La Tunisie a toujours produit des talents et cette génération possède de la qualité, du potentiel et de l’ambition. Elle a besoin de confiance, de sérénité et de soutien pour revenir plus forte. Enfin, je remercie tous les Tunisiens qui sont restés à nos côtés dans les victoires comme dans les défaites. Nous continuerons à travailler avec sincérité afin de rendre à la sélection nationale la place qu’elle mérite. »
Mais comme si le climat n’était pas déjà suffisamment tendu, Hannibal Mejbri a, lui aussi, suscité une vive polémique ce weekend. Photographié avec le maillot de la Suède en hommage à son ami et ancien coéquipier de Manchester United Anthony Elanga, le milieu tunisien a provoqué l’incompréhension d’une partie des supporters. Si le contexte était amical, beaucoup ont jugé le geste particulièrement maladroit, quelques jours seulement après la lourde défaite (5-1) subie face aux Suédois.
Kadri écarté, Renard envolé, une FTF toujours sous pression
Le chantier du prochain sélectionneur reste quant à lui totalement ouvert. Les rumeurs annonçant un retour de Jalel Kadri (victorieux de la France en 2022) ont été rapidement démenties. Selon des responsables de la FTF, cette hypothèse « ne repose sur aucun fondement ». Si le nom de l’ancien sélectionneur a bien été évoqué par un membre du bureau fédéral, la proposition aurait été rejetée. Jalel Kadri poursuit d’ailleurs son travail à la tête d’Al-Hazm, qu’il a maintenu en Saudi Pro League.
Dans le même temps, le dossier Hervé Renard s’est définitivement refermé. Présenté comme le favori pour succéder à l’éphémère Sabri Lamouchi, le technicien français n’est jamais parvenu à trouver un terrain d’entente avec la Fédération. Un temps annoncé du côté de l’Algérie, cette piste des Fennecs est à son tour abandonnée et son nom circule désormais avec insistance pour prendre les rênes du Sénégal.
Cette impasse renforce enfin les critiques visant le bureau exécutif de la FTF. Malgré la pression née de l’humiliation mondiale, son président Moez Nasri, élu en septembre 2025, refuse toujours de démissionner et donne le sentiment de vouloir gagner du temps. La récente nomination de Ridha Jeddi au poste de directeur technique national, en remplacement de Mondher Kebaier, n’a d’ailleurs pas convaincu tout le monde. Plusieurs observateurs estiment que l’ancien consultant télé manque d’expérience récente sur le terrain, alimentant un sentiment d’amateurisme au moment où le football tunisien aurait besoin d’un cap clair.
À défaut d’avoir trouvé un nouveau sélectionneur, la Fédération continue donc de naviguer à vue, via de simples rafistolages. Et chaque nouvelle controverse rappelle un peu plus l’ampleur du chantier qui attend les Aigles de Carthage pour espérer tourner la page de leur pire Coupe du monde. En cas de huitième participation au Mondial 2030 qui se déroulera en partie au Maroc voisin, ils savent qu’ils auront d’autant moins le droit à l’erreur à l’aune des performances autrement plus honorables des autres nations de la région.
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