Racisme en France : des chiffres accablants face à un déni persistant

À Saint-Denis, le 4 avril 2026, des milliers de personnes ont manifesté contre le racisme et les discriminations, à l’appel du maire Bally Bagayoko. © Thomas SAMSON / AFP
Près d’un Français sur deux affirme avoir déjà subi des actes racistes, d’après une enquête de l’Ifop et de la Licra. Un constat alarmant qui contraste avec un débat public où l’ampleur du fléau reste minimisée.
46 % des personnes interrogées disent avoir été victimes d’agressions ou de discriminations à caractère raciste au cours de leur vie, selon cette étude conjointe de l’Ifop et de la Licra.
Menée entre le 8 août et le 2 septembre 2025 auprès de 14 025 personnes représentatives de la population française de 15 ans et plus, l’enquête dresse un panorama précis des inégalités et discriminations en France.
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Une exposition massive au racisme
L’étude met en évidence que la couleur de peau et les traits phénotypiques demeurent des facteurs déterminants dans l’exposition aux actes racistes en France.
Les individus identifiés comme « noirs » ou « arabes » concentrent près de 80 % des témoignages d’agressions ou de discriminations liées au racisme.
Les personnes de confession ou d’origine juive (80 %) et musulmane (79 %) apparaissent aussi parmi les communautés les plus vulnérables face aux discriminations, selon l’enquête.
L’emploi, un terrain privilégié des discriminations
Le milieu professionnel se révèle être l’un des espaces privilégiés où s’expriment les inégalités raciales.
10 % des Français affirment avoir subi ce type de discriminations dans leur vie professionnelle. Le taux grimpe à 30 % pour les personnes perçues comme « noires » et à 28 % pour celles identifiées comme « arabes ».
Par ailleurs, 38 % des personnes de confession musulmane disent avoir rencontré des discriminations au moment de chercher un emploi.
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Une enquête dans un climat de tensions sociales
Cette enquête survient quelques jours après une marche contre le racisme et les discriminations, organisée en réponse à des attaques ciblant un maire de Seine-Saint-Denis (4 avril).
Elle s’inscrit dans un climat de mobilisations plus vastes contre les discriminations et les violences à caractère raciste en France.
Vers une prise de conscience nationale ?
« Cette étude ambitieuse doit contribuer à la prise de conscience collective, afin que ces agressions et discriminations ne soient ni minimisées, ni relativisées, ni banalisées, au risque d’un affaiblissement durable du pacte républicain », alerte Mario Stasi, président de la Licra.
Il appelle à faire de cette lutte une priorité nationale :
« Lorsque 46 % des Français disent avoir déjà été victimes d’une agression ou d’une discrimination à caractère raciste au cours de leur vie, il est plus que temps de faire de cette lutte une grande cause nationale ».
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