Edito. Feu sur Gaza !

 Edito. Feu sur Gaza !

Palestiniens priant sur des corps après une frappe israélienne à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 21 avril 2026. Trois Palestiniens ont été tués dans le quartier d’Al-Amal, à l’ouest de la ville. Bashar Taleb / AFP

Feu Gaza ou feu sur Gaza ? Peu importe. Tandis que Donald Trump s’amuse à raconter des histoires sur ses victoires sur l’Iran et que les mollahs lui répondent par des démentis cinglants, les valeureux soldats de Tsahal continuent de tirer sur les enfants et les civils palestiniens comme des lapins.

Trois personnes ont ainsi été visées par une frappe israélienne à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, dans la nuit de lundi à mardi (20-21 avril). Des avions militaires israéliens ont également survolé la zone.

D’après un dernier décompte du ministère de la Santé du Hamas, dont les chiffres sont qualifiés de fiables par l’ONU, plus de 72 549 personnes ont été tuées par l’armée israélienne à Gaza, en majorité des femmes et des fillettes (près de 38 000 d’entre elles), selon ONU Femmes. Ce qui fait « en moyenne au moins 47 femmes et filles tuées chaque jour », selon la porte-parole d’ONU Femmes, Sofia Calltorp.

Depuis la trêve, pas moins de 750 Palestiniens ont été tués par l’armée israélienne. Ces assassinats ciblés interviennent quelques semaines à peine après le lancement du plan de paix de Donald Trump, entré dans sa seconde phase le 14 janvier dernier.

 

>> A lire aussi : Trump et Dieu

Une catastrophe humaine durable

Pourtant, la première étape a été marquée par la remise du dernier otage israélien par le Hamas, qui montrait par là sa bonne foi à respecter les clauses exigeant l’arrêt des hostilités par les deux parties. Israël n’a cependant que faire des mises en garde des institutions internationales concernant ce qu’elles qualifient désormais de « crimes de guerre », à savoir le ciblage des civils palestiniens.

Les discussions sur le désarmement du Hamas patinent, et les autorités israéliennes interdisent toujours l’accès de l’enclave à la presse internationale depuis le 7 octobre 2023.

Tandis que la presse internationale a les caméras braquées sur le détroit d’Ormuz, Netanyahou et ses sbires continuent de bombarder sans cesse les Palestiniens de Gaza, imposant ainsi aux 1,5 million de Gazaouis non seulement une crise nutritionnelle majeure, mais transformant aussi des enfants vivant depuis deux ans et demi sous les bombardements et le bruit des drones en zombies.

En Cisjordanie, les violences des colons sont exacerbées par le soutien de l’armée israélienne, qui maintient dans le même temps un climat de peur incommensurable. On n’oubliera pas non plus l’usage systématique de la torture dans les prisons israéliennes.

Pendant ce temps, en France et ailleurs, toute critique d’Israël est assimilée à de l’antisémitisme pur et simple. Un véritable scandale !

 

> A lire aussi :

Israël. Régime de peine capitale raciste

Israël. Silence, on tue … des enfants !

Michèle Sibony : Pour un antiracisme politique et décolonial